L’ancienne ministre de la Culture risque 10 ans de prison pour avoir signé un contrat avec l’entreprise Renault-Nissan alors dirigée par Carlos Ghosn.
France 16/09/2026 06:01 Actualisé le 16/09/2026 06:11
L’ancienne ministre de la Culture risque 10 ans de prison pour avoir signé un contrat avec l’entreprise Renault-Nissan alors dirigée par Carlos Ghosn.

FREDERICK FLORIN / AFP
Rachida Dati, ici en juillet 2012 au Parlement européen, est soupçonné de corruption pour avoir reçu 900 000 euros de la part de Renault-Nissan alors qu’elle était avocate et eurodéputée.
EN BREF
• Rachida Dati est jugée pour corruption liée à un contrat de 900 000 euros avec Renault-Nissan, sous la direction à l’époque de Carlos Ghosn.
• Elle est accusée de lobbying illégal au Parlement européen entre 2009 et 2013.
• Dati risque 10 ans de prison et une inéligibilité, mais conteste toute illégalité, affirmant que tout a été déclaré et contrôlé.
L’IA au HuffPost.
L’affaire ne date pas d’hier. Cela fait presque six ans que Rachida Dati a été placée sous le statut de témoin assisté. Quelques mois plus tard, elle avait été mise en examen dans cette affaire « Renault-Nissan » qui n’avait pas empêché sa nomination au gouvernement en janvier 2024, comme ministre de la Culture.
Mais elle vaut à la maire du VIIe arrondissement de Paris un procès qui s’ouvre ce mercredi 16 septembre. Celle qui va bientôt redevenir magistrate (une drôle de coïncidence qui fait bondir les syndicats) comparaît pour corruption et trafic d’influence au même titre que Carlos Ghosn qui, lui, ne sera pas présent devant le tribunal correctionnel.
La finalité des audiences est simple : déterminer si les conditions dans lesquelles Rachida Dati a touché de l’argent de la part du groupe automobile sont légales ou non. Elle est en effet soupçonnée d’avoir noué un pacte de corruption et illégalement fait du lobbying au Parlement européen, où elle était élue, pour le compte du constructeur automobile entre octobre 2009 et février 2013.
L’enjeu politique du procès a (un peu) diminuéCe contrat litigieux est tombé entre les mains de la justice française à l’été 2019 à l’occasion d’une perquisition au siège de Renault suite à l’arrestation au Japon dans une autre procédure de Carlos Ghosn, qui a entraîné la chute du tout-puissant patron franco-libano-brésilien. Le tout tourne autour d’une question : a-t-elle été rémunérée 900 000 euros (300 000 euros par an) pour des activités de conseil (elle est avocate) ou cette somme correspond-elle à un emploi de complaisance pour masquer des activités de lobbying qui sont interdites pour des parlementaires en exercice à Bruxelles et Strasbourg ?
Au moment de sa mise en examen, Rachida Dati avait contesté toute illégalité. « Tout a toujours été déclaré et contrôlé. J’ai apporté toutes les preuves de mon travail », déclarait-elle alors, précisant que, dans cette affaire, Renault « n’est ni plaignant, ni victime et aucun argent public n’est en jeu ». Pour elle, il s’agissait alors d’une décision politique prise à l’été 2021 alors qu’elle envisageait de se présenter à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2022.
Depuis que l’ancienne ministre de la Justice a perdu les élections municipales à Paris, l'enjeu politique de ce procès est moindre. Rachida Dati joue tout de même son poste de maire du VIIe arrondissement puisqu’elle encourt une peine d’inéligibilité en plus de dix ans d’emprisonnement et 450 000 euros d’amende.