Le théâtre que défend Julien Gosselin bouscule les formes et les esprits. La preuve à l’Odéon, où il a mis en place des conférences, des concerts, mais aussi des rencontres avec les spectateurs qui n’ont pas aimé les spectacles.
Le metteur en scène Julien Gosselin, directeur du Théâtre de Odéon, deuxième théâtre national après la Comédie-Française. JOEL SAGET / AFP
Pour aller plus loin
« Si vous pouviez lécher mon cœur, vous seriez empoisonné »… La phrase, prononcée par un déporté du ghetto de Varsovie, est issue du documentaire « Shoah », de Claude Lanzmann. Lui trouvant des échos shakespeariens, Julien Gosselin a choisi la première partie de cette citation pour baptiser sa compagnie : sorti de l’Ecole du Nord, l’artiste a 22 ans quand il fonde « Si vous pouviez lécher mon cœur ». Il se considère comme un comédien moyen mais rêve de mise en scène. Aujourd’hui, le voilà à 39 ans à la tête de l’Odéon, deuxième théâtre national, fondé après la Comédie-Française. Pas de quoi tétaniser le metteur en scène, créateur brillant et taiseux, qui a débarqué à Avignon en 2013 avec sa vision des « Particules élémentaires », le roman de Michel Houellebecq. Quatre heures rondement menées, un sacré coup de fouet avec comédiens pugnaces, adresse au public frontale, vidéo et création musicale contemporaine de haut vol. Les spectateurs s’enflamment.
Depuis, souvent flanqué de la même bande d’acteurs complices, Gosselin n’a cessé de déployer son talent en portant à la scène nombre de chefs-d’œuvre de la littérature, comme « 2666 », du Chilien Roberto Bolaño, dont il a fait une fresque hypnotique de treize heures. Dernière expérience en date aux …
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