Plus dépensier, moins sensible à la saisonnalité et générateur de retombées économiques bien au-delà de l’hôtellerie, le voyageur d’affaires est devenu l’une des cibles privilégiées des destinations touristiques.
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Pendant longtemps, les destinations touristiques ont concentré leurs efforts sur un objectif : attirer toujours plus de visiteurs. Aujourd’hui, la logique évolue.
Plus que le volume, c’est désormais la valeur économique de chaque voyageur qui fait la différence. Dans cette nouvelle équation, le tourisme d’affaires s’impose comme l’un des segments les plus stratégiques.
Plus dépensier, moins sensible à la saisonnalité et générateur de retombées bien au-delà de l’hôtellerie, le congressiste international est devenu un véritable levier de développement économique.
Cette montée en puissance se reflète dans les chiffres. Selon le World Travel & Tourism Council (WTTC), les dépenses mondiales liées aux voyages d’affaires devraient atteindre près de 1.500 milliards de dollars en 2024, dépassant leur niveau d’avant la pandémie.
Un rebond qui illustre l’importance prise par ce marché, confirmant le retour en force d’un segment devenu stratégique pour l’industrie touristique mondiale. Derrière chaque participant se cache un visiteur à forte valeur ajoutée, dont les dépenses irriguent une large partie de l’économie locale.
Un client premium
Ce qui distingue le voyageur d’affaires du touriste de loisirs, ce n’est pas tant la durée de son séjour que son niveau de dépenses. À l’échelle mondiale, les déplacements professionnels représentent environ 20 % des dépenses touristiques, alors qu’ils ne constituent qu’une fraction des flux de voyageurs.
Selon plusieurs études sectorielles, un participant à un congrès ou à une convention dépense en moyenne deux fois plus par nuit qu’un vacancier classique.
Cette différence s’explique par la nature même de ces déplacements.
Les entreprises privilégient généralement des établissements de catégorie supérieure, recourent davantage au transport aérien, organisent des réceptions, sollicitent des services de restauration et mobilisent des prestataires spécialisés.
À ces dépenses s’ajoute une tendance de plus en plus marquée : le «bleisure», contraction de «business» et «leisure». De nombreux voyageurs d’affaires prolongent désormais leur déplacement de quelques jours pour découvrir la destination, parfois accompagnés de leur famille.
Cette évolution permet aux territoires d’étendre les retombées économiques bien au-delà de la durée du congrès, en profitant également aux secteurs du tourisme, de la restauration, du commerce et des loisirs.
Des retombées multiples
Réduire le tourisme d’affaires à l’hôtellerie serait pourtant une erreur. L’organisation d’un congrès mobilise une véritable chaîne de valeur : agences événementielles, sociétés d’audiovisuel, traiteurs, entreprises de sécurité, interprètes, imprimeurs, transporteurs, loueurs de matériel ou encore commerces de proximité bénéficient directement de ces événements.
L’exemple britannique illustre bien cet effet multiplicateur. D’après les données de VisitBritain, un participant international à un congrès dépense en moyenne
1.824 livres sterling durant son séjour, soit plus du double d’un participant européen et plusieurs fois les dépenses d’un visiteur domestique.
Bien au-delà des recettes touristiques, ces événements soutiennent l’activité de nombreux secteurs de services et contribuent à l’économie locale. À cette contribution économique s’ajoute un autre avantage majeur : la réduction de la saisonnalité.
Contrairement au tourisme de loisirs, fortement concentré sur les vacances scolaires et la période estivale, les congrès, conventions et salons professionnels sont organisés tout au long de l’année, notamment au printemps et à l’automne. Ils permettent ainsi aux hôtels, restaurants et autres prestataires de maintenir un niveau d’activité plus régulier, tout en améliorant les taux d’occupation en basse saison.
Un marché en pleine expansion
Les perspectives de croissance renforcent encore l’intérêt porté à ce segment. Le marché mondial du MICE (Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions) est aujourd’hui estimé à plus de 1.200 milliards de dollars et pourrait dépasser les 3.000 milliards de dollars d’ici 2034, porté par l’essor des salons professionnels, des événements technologiques, des congrès médicaux et des forums économiques.
Dans un contexte de concurrence accrue entre les destinations, attirer un grand événement ne répond plus uniquement à un objectif touristique. Les congrès internationaux renforcent la visibilité d’un territoire, favorisent les échanges économiques, créent des opportunités d’affaires et participent parfois à l’attraction d’investissements.
Une vitrine internationale
Au-delà de ses retombées économiques, le tourisme d’affaires constitue également un puissant levier d’image. Accueillir un congrès international, un salon professionnel ou une convention mondiale revient à envoyer un signal de crédibilité aux investisseurs, aux entreprises et aux institutions.
Ces événements sont généralement organisés dans des destinations offrant des garanties en matière de stabilité, de sécurité, de connectivité et de qualité des infrastructures.
À ce titre, la compétition entre les pays dépasse largement le cadre touristique. En accueillant régulièrement des manifestations internationales, une destination renforce son attractivité, améliore sa visibilité auprès des décideurs économiques et consolide son positionnement sur la scène internationale. Le tourisme d’affaires devient ainsi un vecteur de rayonnement autant qu’un moteur de développement économique.
L’exemple de Barcelone illustre parfaitement cette réalité. Grâce notamment au Mobile World Congress, considéré comme l’un des plus grands rendez-vous mondiaux de l’industrie des télécommunications, la capitale catalane accueille chaque année des dizaines de milliers de décideurs, d’investisseurs et d’entreprises.
Au-delà des importantes retombées économiques générées pour les hôtels, les restaurants et les commerces, cet événement contribue à renforcer durablement l’image de Barcelone comme une métropole mondiale de l’innovation et des affaires.
Cette dimension explique pourquoi la concurrence entre les destinations s’intensifie. De Dubaï à Singapour, en passant par Barcelone, Istanbul ou encore Kigali, de nombreuses métropoles investissent massivement dans leurs centres de congrès, leur connectivité aérienne et leur capacité d’accueil afin d’attirer les grands rendez-vous internationaux.
Dans cette compétition mondiale, l’organisation d’un congrès est devenue un indicateur de compétitivité autant qu’un levier de développement économique.
Le Maroc entend désormais prendre toute sa place dans cette compétition mondiale.
En visant 2,3 millions de visiteurs d’affaires à l’horizon 2030, le Royaume ne cherche pas uniquement à accroître ses arrivées touristiques. Il ambitionne surtout de se positionner sur un segment à forte valeur ajoutée, capable de soutenir l’hôtellerie, les transports, l’événementiel et l’ensemble de l’économie des services.
En définitive, la véritable bataille ne se joue plus uniquement sur le nombre de visiteurs, mais sur leur contribution à l’économie. À l’heure où les destinations cherchent à attirer non seulement des touristes, mais aussi des investisseurs, des talents et des décideurs économiques, le tourisme d’affaires s’impose comme un formidable levier d’attractivité.
Plus qu’un simple segment touristique, il est devenu un révélateur de la compétitivité, du rayonnement et de la crédibilité d’un pays sur la scène internationale.
| # | Наименование новости | Тональность | Информативность | Дата публикации |
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