Ce vendredi 25 septembre, au stade Raoul-Barrière, le derby de Pro D2 entre l’AS Béziers Hérault et le Racing Club Narbonnais a été entaché d’un gros incident dans le virage nord, où les supporters audois étaient...
Ce vendredi 25 septembre, au stade Raoul-Barrière, le derby de Pro D2 entre l’AS Béziers Hérault et le Racing Club Narbonnais a été entaché d’un gros incident dans le virage nord, où les supporters audois étaient massés. Laurent Maselli, éducateur à l’école de rugby de Narbonne, a été agressé devant son fils de sept ans.
C’est l’image marquante de ce derby entre l’AS Béziers Hérault et le Racing Club Narbonnais. Peu après la demi-heure de jeu, dans un stade Raoul-Barrière où 11 169 spectateurs avaient pris place, une échauffourée a eu lieu dans le virage nord. Celui des supporters orange et noir, venus en nombre dans l’enceinte biterroise pour profiter du grand retour du derby en Pro D2.
Si au coup d’envoi, le grand maillot déployé dans le virage nord faisait la part belle du côté des Audois, il n’en restait plus que le col après un peu plus d’une demi-heure de jeu, la faute à des supporters Biterrois venus parmi les Narbonnais. Et une bagarre éclatait au même endroit de l’enceinte héraultaise. "Nous regardions le match tranquillement. Un individu est venu dans notre virage, il est venu fumer en tribune. Il s’est mis devant nous et s’amusait à trouer le maillot géant du Racing avec sa cigarette", nous confie Laurent Maselli, un supporter narbonnais de 38 ans, victime lors de cette échauffourée.
Le PSIG de Béziers a déposé une main courante.
Et de poursuivre : "Il a ensuite commencé à détacher clairement le maillot. Je lui ai demandé ce qu’il faisait et d’arrêter. Il a été agressif, puis a commencé à taper. Je l’ai immobilisé au sol, le tenant, et un copain à lui est descendu pour mettre des coups de poing. J’ai essayé de l’attraper aussi. La sécurité n’était pas là, elle a mis bien dix minutes avant d’arriver en tribune. Et, un troisième individu est arrivé, m’a mis deux coups de pied dans la tête", raconte Laurent Maselli, encore meurtri ce samedi matin et souffrant de maux de tête, surtout au niveau du front et de la zone autour de l’œil, à l’endroit des coups reçus.
Au milieu de l’incident, son fils Maxime âgé d’à peine sept ans, "c’est lui qui a appelé la sécurité pour qu’ils montent". Laurent Maselli ne comprend pas le comportement du service de protection : "Ils n’étaient que trois pour surveiller toute la tribune, je trouve ça limite. Je vais appeler la société pour évoquer les faits. Il y a eu un manque à ce niveau. Il a fallu l’intervention du PSIG de Béziers pour évacuer les agresseurs. Mais, en haut du virage, il y avait une dizaine, voire une vingtaine de personnes qui nous attendaient pour se battre".
Ce samedi matin, le supporter narbonnais était encore marqué par les événements. Éducateur au Racing Club Narbonnais pour la catégorie U8, Laurent Maselli voulait faire de cette soirée une belle fête de rugby. "Nous avions fait un regroupement avec l’école de rugby pour ce derby et pour passer un moment ensemble. Sauf que nous nous sommes retrouvés avec des gamins en plein milieu de ce qu’il s’est passé. Il y en a un qui a le coude un peu abîmé. Mon petit m’a dit qu’il ne voulait plus revenir dans ce stade, qu’il en avait peur. Les enfants ont peur de venir au rugby. J’ai essayé de les rassurer, de leur expliquer que le rugby ce n’est pas ça. Ils sont choqués. Ils m’ont tous demandé si j’allais bien ce matin à l’entraînement", reconnaît l’homme de 38 ans, qui a tenté d’aller à l’hôpital de Béziers, qui l’a renvoyé vers Montpellier.
Quelle suite après cet évènement ?"Je vais porter plainte", assure Laurent Maselli. "Je sais qu’il y aura un non-lieu. Le PSIG de Béziers a déposé une main courante et m’a demandé de déposer plainte à Narbonne. J’espère que le club montrera son soutien, comme l’ASBH. J’espère que ces gens vont être interdits de stade. Cela a gâché la fête, je ne vois même pas le deuxième essai du Racing. C’est complètement idiot, le rugby ce n’est pas ça. Je ne remets pas la faute sur tous les Biterrois, juste une bande de 15-20 bonhommes et c’est dommage que ces jeunes puissent entrer dans un stade. Ils sont venus avec l’intention de se battre pas pour voir l’ambiance côté Narbonnais", assure le supporter orange et noir.
De son côté, le groupe de supporters de la Tribune Clape, dont son président Damien Bonnot, a publié un communiqué de soutien : "L’association souhaite dénoncer fermement les incidents survenus lors de la rencontre […]. Au-delà du matériel appartenant à notre association qui a été vandalisé, c’est surtout l’agression d’un père de famille, devant ses enfants, qui nous choque et nous préoccupe. De tels comportements n’ont pas leur place dans une enceinte sportive et encore moins lors d’un derby […]".
Il reste à savoir désormais ce qu’il en sera de la suite de cette histoire, et si la Ligue nationale de rugby se saisira de l’affaire. Mais une chose est sûre, ce derby entre Béziers et Narbonne a été gâché en tribune.