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Et maintenant, quelle voie pour l’Europe ?

Дата публикации: 08-09-2026 09:30:09

Quelle place reste-t-il à une Europe coincée entre les Etats-Unis et la Chine ? Le 15 septembre, au Théâtre de la Concorde, à Paris, trois auteurs – la juriste Arancha González Laya, le chercheur Dan Wang et le journaliste Pierre Haski – en débattront. Un avant-goût avec leurs ouvrages récemment parus.

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Le bâtiment Berlaymont, siège de la Commission européenne, à Bruxelles. SANTIAGO URQUIJO/GETTY IMAGES

« Les Chinois et les Américains ont la niaque, l’énergie, un désir d’argent. Cette motivation, cette envie d’en découdre, économiquement j’entends, semble avoir déserté l’Europe… » L’année dernière, nous posions la question à Dan Wang : pourquoi dans son livre, consacré à la rivalité entre la Chine et les Etats-Unis, faisait-il à peine mention de l’Europe, comme si celle-ci était un personnage secondaire, presque une silhouette muette de ce début de XXIe siècle ? Il nous avait répondu avec un petit sourire en coin, et l’on avait compris que l’indifférence polie de ce chercheur au Hoover History Lab de l’université Stanford, spécialiste reconnu de la Chine et auteur de « la Chine à toute vitesse » (Arpa), reflétait l’avis des élites à Washington et Pékin : nous, pauvres Européens, sommes, au pire, une terre muséale, au mieux, un marché de consommateurs. Et l’on avait eu envie de le titiller davantage : est-il si sûr que l’Union européenne est sortie de l’Histoire ?

L’analyste Dan Wang. AOL

Cela tombe bien : le voici qui vient en France, à l’occasion de la traduction de son ouvrage, pour discuter, mardi 15 septembre, avec deux personnes qui sauront le relancer convenablement : notre camarade Pierre Haski, chroniqueur géopolitique au « Nouvel Obs » et à France-Inter, président de Reporters sans Frontières, ancien correspondant en Chine, et Arancha González Laya, fine fleur des élites européennes puisqu’elle est passée par la Commission, l’Organisation mondiale du Commerce et l’ONU avant d’être nommée ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement de Pedro Sánchez, en Espagne. Le premier vient de publier « la Fin d’un monde » (Stock), dans lequel il se demande s’il est possible de faire de notre siècle autre chose que « celui des rapports de force et des systèmes autoritaires ». La seconde fait paraître « l’Europe seule au monde » (Arpa), essai dans lequel elle défend une perspective libérale bon teint contre les forces qui « demandent à “changer l’Europe de l’intérieur” ».

L’auteur de ces lignes doit l’avouer : il espère de cette rencontre quelques perspectives et de quoi se dire que tout n’est pas fichu, tant le tableau est sombre.

Arancha González Laya, en septembre 2020 à Bruxelles, et Pierre Haski, en juin 2025 à Paris. MONTAGE-DURSUN AYDEMIR/ANADOLU VIA AFP-JOEL SAGET/AFP

Le débat sera sûrement aussi riche que les livres. Dans son ouvrage, Dan Wang oppose par exemple la « société juridique » américaine à l’« Etat-ingénieur » chinois. Les deux ont les avantages de leurs inconvénients et l’inverse : aux Etats-Unis, les « élites politiques sont peuplées d’avocats et de juristes qui excellent à tout ralentir, les idées idiotes comme les projets prometteurs », ce qui serait l’origine des frustrations ayant donné corps au trumpisme. En Chine, le régime « traite le pays comme un immense projet d’ingénierie » : cela permet de faire vite sortir de terre des infrastructures clés, mais oblige la population à supporter des règles très contraignantes. L’Europe là-dedans, semble n’être qu’une sorte de matière molle, sans mojo.

L’essai d’Arancha González Laya prétend faire sortir le Vieux Continent de sa naïveté, en particulier en matière militaire. Le point d’horizon de ses propositions est de contenir la pression russe, de sortir de la dépendance aux Etats-Unis et de ne pas finir vassalisé − le mot est, hélas, à la mode − par cette puissance que l’on n’ose plus dire émergente qu’est la Chine. Le débat sera animé par notre collègue et ami François Reynaert.

  • « L’Europe seule au monde », par Arancha González Laya, Arpa, 256 p., 21,90 euros, en librairies le 17 septembre.

  • « La Fin d’un monde », par Pierre Haski, Stock, 368 p., 22 euros.

  • « La Chine à toute vitesse. La quête de la Chine pour façonner l’avenir », par Dan Wang, Arpa, 288 p., 22,90 euros.

◗ « La Chine à toute vitesse », soirée organisée en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès, mardi 15 septembre à 19 heures, au Théâtre de la Concorde, 1, avenue Gabriel, Paris-8e. Entrée gratuite, réservation obligatoire sur le site du théâtre : Theatredelaconcorde. paris

Par  Rémi Noyon

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