Ce samedi, l’USAP a parfaitement réagi en s’offrant le scalp de l’UBB (38-25). Portés par une force collective retrouvée et une défense agressive, les Catalans ont décroché leur deuxième victoire de la saison et...
Ce samedi, l’USAP a parfaitement réagi en s’offrant le scalp de l’UBB (38-25). Portés par une force collective retrouvée et une défense agressive, les Catalans ont décroché leur deuxième victoire de la saison et confirmé qu’Aimé-Giral pouvait encore être une place forte.
Il y avait comme un goût de "reviens-y", ce samedi soir. Parce qu’en 80 minutes, les Catalans ont lavé l’affront de la semaine passée à Montpellier, fait tomber le double champion d’Europe bordelais (38-25) et construit leur match autour d’une solidarité hors pair retrouvée.
"À Montpellier, chacun a essayé de faire son match. Aujourd’hui, on a recentré le collectif", résume Laurent Labit. Et même si le manager sang et or compare cet état d’esprit aux deux premières journées, les Catalans sont allés chercher leur deuxième victoire de la saison en rendant une copie encore différente. "La confiance du début de saison permet de se faire plaisir", confie le troisième ligne Noé Della Schiava.
Un plaisir nourri par "le soulagement" de la victoire, comme l’avoue le numéro 6, mais aussi par des essais qui ont fait vrombir Aimé-Giral – Théo Forner en première main avec un par-dessus en bout de ligne (9e), un contre de 85 mètres conclu par Diego Mascarenc (23e), ou encore le départ de James Hall derrière une mêlée qui a retourné l’édifice bordelais (52e) –, et surtout par une solidarité à toute épreuve. Celle qui a résisté aux assauts d’une UBB à 60 % de possession et d’occupation. Celle qui a infligé un 14-0 en infériorité numérique après le carton jaune de Théo Forner (19e).
"Il y a eu des moments où on a senti qu’ils étaient proches (21-18 de la 43e à la 52e, 31-25 de la 75e à la 79e, NDLR), mais quand on est solidaire comme on l’a été, ça le fait !", clame Noé Della Schiava. Parce que l’UBB a pilonné fort, a insisté, et a fini par inscrire trois essais : Tom Willis (38e) et Marko Gazzotti (75e) après cinq minutes d’attaque-défense, et Nicolas Depoortère sur un contre (43e). Elle a aussi passé la ligne trois fois (17e, 36e, 65e), mais s’est fait rattraper par la vidéo. Alors certains diront que les Girondins ont été trop maladroits pour punir les Catalans. Certes, ils ont perdu 19 ballons et ont frustré le capitaine Maxime Lucu qui en a jeté son protège-dents. Mais cela peut aussi être mis au crédit de la défense des sang et or.
Une efficacité redoutable"Il y avait cette volonté, tout le temps, de ne pas lâcher, de ne pas encaisser de points, de toujours rattraper l’erreur du partenaire, poursuit Labit. Contre ces équipes-là, le match parfait n’existe pas, donc il faut être là pour rattraper. Et, aujourd’hui, notre victoire, on la doit à la gestion des momentums, des temps faibles." Celle qui a permis de se resserrer malgré les pertes de Paolo Garbisi (13e), Ignacio Ruiz (22e) et Joaquín Oviedo (50e), et de "poignarder" les Girondins quand il le fallait, selon l’expression du manager de Bordeaux, Yannick Bru.
Les essais de Sama Malolo, dans la foulée d’un grattage au centre du terrain (29e), et de Tristan Tedder après un magnifique 50-22 et un rebond chanceux (79e) témoignent d’une efficacité redoutable : sept entrées dans les 22 mètres pour cinq essais et, en défense, six plaquages dominants. Tout cela fut la somme des efforts collectifs dictés par la solidarité remise au centre du terrain par les Catalans. "Maintenant, il faut que ça dure. Si on l’a eue aujourd’hui à domicile, il faut qu’on l’ait samedi prochain à l’extérieur (contre le Racing 92), prévient Noé Della Schiava. Je pense que c’est maintenant ancré en nous. On a mis le combat devant, derrière on a vu qu’ils mettaient la gomme et le banc nous a apporté ce supplément d’âme. Ça donne envie de s’envoyer."
Cette victoire est un peu le remède aux maux de Montpellier. L’USAP sait donc jouer ballon en main, mieux défendre, être efficace, se resserrer et faire exalter son public dans sa cathédrale. Il faudra désormais afficher les mêmes valeurs pour enfin gagner à l’extérieur. Mais le soulagement de ce samedi après-midi booste la confiance et le moral. Pourvu que ça dure…