La chercheuse spécialiste du XVIIe siècle français publie « Barbe Bleue, contre‑enquête. Ce qui fait trembler les hommes ». Une exploration haletante du conte de Perrault, relu à l’aune des débats contemporains. L’occasion de rencontrer cette universitaire au parcours singulier et de répondre à la question : à quoi bon lire encore les classiques ?
Jennifer Tamas en janvier 2023, à Paris. ADRIEN SELBERT POUR « LE NOUVEL OBS »
Pour aller plus loin
Ça pourrait être un conte contemporain. L’histoire d’une petite fille qui s’appelle Jennifer, qui grandit à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise) dans les années 1980, entre le français, l’hébreu, l’arabe et le créole, qui découvre les auteurs classiques en classes préparatoires, qui par amour va faire carrière aux Etats-Unis, et qui, à coups de livres toujours remarqués, renouvelle aujourd’hui notre lecture de tout un pan de la littérature française, depuis « la Princesse de Clèves » jusqu’aux « Liaisons dangereuses », en passant par « le Petit Chaperon rouge ». Si, depuis quelques années, son travail trouve un tel écho, c’est que Jennifer Tamas tient une ligne subtile, qui intègre les acquis de la critique féministe tout en postulant joyeusement qu’on peut tout lire, même les pires horreurs machistes, à condition d’aller voir dans le cœur du texte ce dont il est vraiment question.
L’hypothèse de départ, quand nous la rencontrons pour la sortie de son dernier ouvrage − « Barbe Bleue, contre-enquête. Ce qui fait trembler les hommes » (Seuil) −, c’est qu’il y a un lien entre tout ça et que, si la trajectoire de Jennifer Tamas est singulière, c’est qu’elle-même est exceptionnelle…
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