En pensant gagner du temps pour sortir ses poubelles, un propriétaire installe un portillon qui s’ouvre sur la rue. Trois jours plus tard, la police municipale lui rappelle une règle méconnue.
Installer un petit portillon qui s’ouvre côté rue pour sortir les poubelles plus vite, puis voir la police municipale frapper trois jours plus tard : la scène a vraiment eu lieu. En effet, le propriétaire pensait gagner quelques secondes les jours de collecte en faisant battre le vantail sur le trottoir, sans imaginer que ce simple confort le plaçait hors des clous. Derrière cette anecdote banale se cache une règle stricte : un portail qui s’ouvre sur la rue, même quelques secondes, empiète sur le trottoir, qui fait partie du domaine public routier. Ce trottoir n’appartient pas au riverain mais à la commune, il doit donc rester libre pour les piétons, poussettes, fauteuils roulants ou personnes âgées.
Un portillon à poubelles qui finit en contrôle municipalUn riverain, raconté par le site pratique Trucmania, édité par Ouest-France, a fait poser un portillon battant ouvrant "en grand côté rue" pour ses bacs. Trois jours après, la police municipale sonnait : l’agent venait contrôler le sens d’ouverture et l’empiètement sur un trottoir d’à peine un mètre. Une histoire similaire rapportée par Maison.20Minutes décrit un portillon posé à la hâte, vérifié un mois plus tard par un agent arrivé avec son mètre pour mesurer l’arc décrit par le battant.
Portail qui s’ouvre sur la rue : ce que dit la loiEn droit, le trottoir fait partie du domaine public routier, au même titre que la chaussée. Le Code de la voirie routière interdit qu’un ouvrage privé y empiète sans autorisation, même brièvement. L'article R. 116 -2 vise ceux qui "auront empiété sur le domaine public routier" et prévoit une contravention de cinquième classe, soit jusqu’à 1500€ d’amende en France. Un portillon à poubelles reste juridiquement un portail : chaque ouverture vers l’extérieur réduit la largeur utile de passage, parfois de moitié sur un trottoir d’environ un mètre.
Comment éviter la visite de la police municipaleDans la pratique, tout part souvent d’un signalement : éboueur gêné par le battant, livreur ou voisin inquiet. La mairie mandate alors un agent qui vient mesurer sur place la largeur du trottoir, la position de la clôture et l’arc décrit par le vantail. Si celui-ci dépasse la limite du domaine public, même de quelques centimètres, le propriétaire reçoit généralement un courrier de mise en demeure lui ordonnant d’inverser le sens d’ouverture ou de reculer l’ouvrage dans un délai donné.
Pour éviter ce scénario, quelques réflexes avant d’installer un portail suffisent : vérifier le règlement de voirie et le plan local d’urbanisme à la mairie, demander au besoin un arrêté d’alignement pour connaître la vraie limite de propriété, puis mesurer la place disponible côté jardin pour une ouverture vers l’intérieur. Si la pente ou le manque de recul bloquent tout, un portail ou portillon coulissant, qui glisse le long de la clôture sans jamais déborder sur le trottoir, reste souvent la meilleure option. Un simple appel au service urbanisme permet en général de valider son projet et d’éviter que la prochaine sonnette ne soit celle de la police municipale.
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