Accueilli seulement une journée et demie par semaine à l’Institut médico-éducatif (IME) Louis-Signoles à Narbonne, Noam Caplain, 10 ans et demi, qui demeure à Cuxac-d’Aude, n’est plus accepté au sein de l’école...
Accueilli seulement une journée et demie par semaine à l’Institut médico-éducatif (IME) Louis-Signoles à Narbonne, Noam Caplain, 10 ans et demi, qui demeure à Cuxac-d’Aude, n’est plus accepté au sein de l’école élémentaire de son village. Ce qui place ses parents dans une situation impossible.
Jusqu’à la fin de l’année scolaire 2025-2026, Noam Caplain, autiste, atteint du trouble avec déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH), et de troubles du comportement, était scolarisé à l’école Yvan-Pélissier de Cuxac-d’Aude en classe Ulis (unités localisées pour l’inclusion scolaire) niveau CE2. Mais à l’occasion de la rentrée scolaire, début septembre, le petit garçon âgé de 10 ans et demi a été prié d’opérer un demi-tour au moment de retrouver ses camarades. Noam n’est plus accepté en classe. "Mon fils a été radié de l’Éducation nationale", déplore Jenny, sa mère.
Noam est un enfant qui a le droit à la scolarité.
"Lorsqu’en mai dernier, nous avons appris que Noam n’était accepté qu’une journée et demie par semaine à l’IME (Institut médico-éducatif) Louis-Signoles de Narbonne, ç’a été la grosse panique pour mon époux et moi. Ç’a été la douche froide. Alors, on a réagi tout de suite. On est entré en contact avec l’enseignante référente, la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées), l’assistante sociale de l’hôpital de jour de Narbonne, où Noam se rend deux fois par semaine, et tout le monde était d’accord pour mettre en place une scolarité partagée… Seulement, finalement, ça ne s’est pas fait. Et désormais, tout le monde se renvoie la balle."
Noam a réalisé beaucoup de progrès ces dernières années.
Photo Philippe LEBLANC
Résultat, aujourd’hui, Noam, est accueilli deux heures de temps à l’hôpital de jour de Narbonne, les lundi et mardi, et à l’IME le jeudi et le vendredi matin. "Le reste du temps, il est à notre charge pleine et entière à la maison alors que mon époux et moi travaillons tous les deux. On ne peut pas déscolariser un enfant comme ça. Noam est un enfant qui a le droit à la scolarité. Et l’État a le devoir de le scolariser. Mon fils avait fait beaucoup de progrès ces dernières années. Il bénéficiait des services d’une auxiliaire de vie scolaire qui lui était totalement dédiée…"
On me dit qu’en tant que mère d’un enfant handicapé, je ne devrais pas travailler.
Les Caplain sont désemparés, ils ont épuisé tous leurs congés pour s’occuper correctement de leur fils. "Heureusement que mon employeur est compréhensif et que je fais deux jours de télétravail par semaine. Mais là aussi, Noam crie énormément, demande beaucoup d’attention et ce n’est pas évident de travailler dans ces conditions… On est au bout du rouleau. On ne peut plus travailler tous les jours et nos salaires sont en baisse, on devra vendre notre maison. On n’a plus de solution, on ne comprend pas. Personne ne nous entend. Ni l’enseignante référente, qui fait le lien entre les familles, l’école et la MDPH, ni la MDPH. Noam est un jour et demi par semaine à l’IME alors l’Éducation nationale s’en débarrasse… La MDPH et l’Éducation nationale sont vraiment fautives."
Voilà des années que les Caplain attendaient cette place en IME. "Je ne le regrette pas. Cela se passe extrêmement bien pour Noam dans cet institut. Théoriquement, l’IME l’accueillera quatre jours par semaine dès la rentrée 2027. Mais en attendant, on est totalement coincé. Et mon fils perd une année de scolarité. C’est énorme. Nous réclamons plus que jamais une scolarité partagée. On s’est battu tout l’été pour que Noam l’obtienne. On ne sait plus quoi faire. Le pire, c’est qu’on me dit qu’en tant que mère d’un enfant handicapé, je ne devrais pas travailler. C’est extraordinaire. Scandaleux."
Franck Stefanutti, le directeur adjoint de l’autonomie en charge de la MDPH, a fait savoir à L’Indépendant qu’il ne donnerait pas suite à nos sollicitations "dans la mesure où cette requête suppose un échange basé sur des informations à caractère personnel que la MDPH n’est pas en mesure de divulguer à un tiers", ajoutant tout de même que ses services "prenaient en compte très attentivement la situation de la famille Caplain et de cet enfant, et que l’ensemble des professionnels étaient mobilisés autour de celle-ci."
Le rectorat de l’Académie de Montpellier a accepté de nous répondre concernant le cas de Noam Caplain : "L’enfant n’a pas été radié de l’Éducation nationale. Au sein de l’unité d’enseignement de l’institut médico-éducatif (IME), il bénéficie de l’enseignement dispensé par un enseignant spécialisé de l’Éducation nationale. Une évolution de ce parcours vers une scolarité partagée entre l’unité d’enseignement de l’IME et le dispositif Ulis de son ancienne école ne constitue pas, à ce jour, une réponse correspondant aux besoins de l’enfant."
Le rectorat ajoute : "La situation fait l’objet d’un suivi par l’enseignant référent pour la scolarisation des élèves en situation de handicap. Une équipe de suivi et de scolarisation (ESS), associant étroitement les parents, sera réunie très prochainement afin de réexaminer son parcours et de travailler aux modalités d’accompagnement. L’inspecteur de l’Éducation nationale chargé de l’adaptation scolaire et de la scolarisation des élèves en situation de handicap (IEN ASH) assure également le suivi de cette situation, en lien avec le directeur de la MDPH."
L’administration conclut : "La Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de l’Aude poursuit ainsi, avec les partenaires concernés et les parents, la recherche de réponses adaptées à l’ensemble des besoins de l’enfant, afin d’assurer la continuité de son parcours scolaire."