Le Premier ministre envisage bien de mettre les retraités à contribution mais il s’en remet au Parlement pour savoir comment faire et quel montant économiser.
Politique 17/09/2026 20:28 Actualisé le 18/09/2026 05:56
Le Premier ministre envisage bien de mettre les retraités à contribution mais il s’en remet au Parlement pour savoir comment faire et quel montant économiser.

QUENTIN DE GROEVE / Hans Lucas via AFP
Sebastien Lecornu, ici le 1er juillet au Sénat, confirme qu’il demandera un effort aux retraités mais il ne dit pas pour quel montant ni comment il veut le faire.
Il sait le sujet sensible et la mesure rejetée par les Français. Ses deux prédécesseurs, Michel Barnier et François Bayrou, avaient tenté le même pari. Inclure dans un projet de budget un effort demandé aux retraités. Alors, au moment de présenter ses arbitrages pour 2027, Sébastien Lecornu fait tout ce qu’il peut pour ne pas braquer ces millions de Français dont on sait que le vote au printemps prochain sera décisif.
Alors, oui, dans l’interview qu’il accorde ce jeudi 17 septembre au Figaro, le Premier ministre confirme qu’il demande aux retraités de participer à l’effort qu’il chiffre globalement à 54 milliards d’euros. Mais très vite, il tente de mettre l’accent sur tout le reste et notamment la promesse qu’il leur fait : « aucune pension ne diminuera », certifie Sébastien Lecornu qui prolonge quelques lignes plus loin en assurant que « les petites retraites seront protégées ».
D’ailleurs, le locataire de Matignon ne veut pas évoquer le montant global réclamé à cette population. Il affirme même que l’effort « sera inférieur à 6 milliards d’euros », la somme avancée depuis plusieurs jours par le ministre de l’Économie Roland Lescure.
Lecornu demande au Parlement de trancher pour luiImpossible non plus d’en savoir plus sur la manière dont cet effort sera fait ; Sébastien Lecornu dit s’en remettre au Parlement, comme s’il ne voulait pas assumer totalement la potion amère. Aux députés et aux sénateurs de trancher (sans préférence affichée par Matignon) entre les deux options à leur disposition : « une réduction de la niche fiscale ou sur un gel partiel des pensions ». Dans le premier cas, certaines pensions ne seront pas revalorisées autant que l’inflation qui est prévue à 1,8 % en 2027. Dans le second, c’est l’abattement de 10 % pour frais professionnels que certains retraités pourraient perdre.
Surtout, dans cette interview et les éléments que son entourage martèle, il y a l’idée que la discussion se focalise beaucoup trop sur cette question. « Je déplore que le débat public de ces derniers jours ait pu donner l’impression que les retraités seraient les seuls mis à contribution, c’est faux et injuste », pointe Sébastien Lecornu. Il a raison : dans la copie qu’il présentera au Parlement, les fonctionnaires ont eux aussi de quoi lui en vouloir puisqu’il propose un gel du point d’indice qui sert de base à leur rémunération. Cela pourrait rapporter deux milliards d’euros.