L’ex-ministre s’est exprimée pour la première fois ce jeudi sur son contrat à 300 000 euros par an avec Renault devant la 32ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris où elle est jugée pour corruption et trafic d’influence. Trois heures brouillonnes, à esquiver les questions qui fâchent et à faire profil bas.
Rachida Dati à son arrivée au tribunal de Paris, le 16 septembre 2026, à l’ouverture de son procès pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Renault. THOMAS SAMSON/AFP
Pour aller plus loin
Elle qui excelle dans le rôle du matamore sur les plateaux de télévision joue les Petits Poucets à la barre du tribunal, réponses laconiques et voix à peine audible. Si basse qu’une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, la présidente de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, Claire Saas, doit lui demander de hausser le ton et de parler moins vite pour que toute l’assistance l’entende. Ce jeudi 17 septembre, où elle était interrogée pour la première fois dans son procès pour corruption et trafic d’influence, Rachida Dati a passé trois heures à esquiver les questions ou répondre à côté, se contentant de quelques mots d’explication, parfois confus, débités d’un ton monocorde, sans jamais hausser la voix. Loin, si loin de son image publique, de ses coups de sang ou de ses punchlines diffusées en boucle sur les réseaux. Si les prétoires révèlent parfois ce que les individus ont enfoui au plus profond d’eux, cela a fait ressortir chez l’ancienne ministre des choses que pas grand monde n’attendait : la mesure et la discrétion.
Pouvait-elle seulement faire autrement ? Le tribunal s’est penché ce jeudi sur les conditions dans lesquelles elle a signé sa convention d’avocat avec Renault-Nissan, alors qu’elle était parallèlement députée européenne et maire du 7e arrondissement de Paris. Et les questions gênantes se sont enchaî…
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