Russie Unie, le parti de Vladimir Poutine, a remporté 355 sièges sur 450 à la chambre basse du Parlement, lui permettant de voter des amendements constitutionnels sans le soutien des autres partis. L’UE a dénoncé une élection au « vernis de démocratie ».
Vladimir Poutine à Moscou, le 21 septembre 2026. VYACHESLAV PROKOFYEV / AFP
Le parti du président Vladimir Poutine, Russie Unie, a remporté un nombre record de sièges lors d’élections législatives sans aucune opposition, selon les résultats préliminaires ce lundi 21 septembre au terme de trois jours de vote marqués par des attaques sans précédent de Kiev.
Face au parti du Kremlin, seules des formations soutenant à des degrés divers Vladimir Poutine et la poursuite du conflit en Ukraine ont été autorisées à participer. Le seul parti ouvertement opposé à la guerre, Iabloko, avait été écarté. Le scrutin de vendredi à dimanche s’est déroulé également dans les territoires d’Ukraine contrôlés et annexés par la Russie.
• Plus de deux tiers des sièges acquis à la DoumaSelon les résultats de plus de 95 % des bureaux de vote, Russie Unie obtient une écrasante majorité à la chambre basse du Parlement, la Douma, remportant 355 sièges sur 450. Il s’agissait des premières législatives depuis le début de l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine en 2022. Le Kremlin s’en est félicité ce lundi en estimant que ces résultats « témoignent d’un niveau exceptionnel de cohésion de la société russe autour du chef de l’État ».
D’après ces résultats préliminaires, le Parti communiste russe (KPRF) obtient pour sa part 40 sièges, le parti nationaliste LDPR – 25 sièges, et le parti Novye Lioudi (« Nouvelles personnes ») – 20 sièges. Le parti présidentiel conserve ainsi la majorité dite « constitutionnelle », au moins deux tiers des sièges (soit 301 sièges), qui lui permet de voter des amendements constitutionnels sans même avoir besoin du soutien des autres partis.
Lors d’une conférence de presse, la cheffe de la Commission électorale, Ella Pamfilova, s’est également félicitée d’un « record » de participation dépassant officiellement les 59 %. « Il s’agit précisément du taux de participation le plus élevé jamais enregistré pour des élections de ce niveau », a-t-elle affirmé. Les résultats définitifs sont attendus vendredi.
• Medvedev salue la « confiance » accordée au pouvoirDmitri Medvedev, ex-président et actuel chef de Russie unie, a salué une expression de confiance dans le pouvoir, promettant de « soutenir la ligne fixée par le président » et de « rapprocher (le pays) de la victoire ». Rappelant la réalité d’un conflit marqué ces derniers mois par une intensification des frappes des deux côtés du front, la dernière journée de vote a été marquée tôt dimanche par une attaque ukrainienne qui a impliqué plus d’un millier de drones et tué deux personnes dans la périphérie de la capitale, d’après les autorités russes.
• L’UE dénonce un « vernis de démocratie »Les législatives en Russie, dont le résultat n’a jamais fait aucun doute, ne représentent qu’un « vernis de démocratie » écartant toute opposition à la guerre en Ukraine, a de son côté déclaré ce lundi la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne Kaja Kallas. « Les prétendues élections à la Douma ont marqué un nouveau revers majeur pour la démocratie russe. Leur issue n’a jamais fait de doute », a-t-elle affirmé sur X.
« Le Kremlin a réduit au silence les voix dissidentes, interdit le seul parti enregistré qui s’opposait à sa guerre en Ukraine et écarté les observateurs électoraux internationaux. Il ne reste plus en Russie qu’un vernis de démocratie », a-t-elle souligné. La cheffe de la diplomatie de l’UE a ajouté avoir « proposé des mesures contre ceux qui facilitent ces simulacres d’élections dans les territoires ukrainiens occupés ». L’UE a déjà sanctionné quelque 3 000 responsables et entités en lien avec la guerre en Ukraine, dont Vladimir Poutine.
• La diaspora manifeste à Londres et à BerlinA Berlin, qui accueille l’une des plus grandes diasporas de Russes ayant fui leur pays, quelques dizaines de partisans de l’opposition en exil ont protesté aux cris de « La Russie sera libre ! » et « Non à la guerre ! », a constaté un journaliste de l’AFP. A Londres, une centaine de personnes se sont rassemblées devant l’ambassade russe, certaines brandissant des drapeaux ukrainiens, d’autres des pancartes sur lesquelles étaient inscrites « Say no to Putin » (« Dites non à Poutine »).
Par Service Actu (avec AFP)