Comment l’ancien chirurgien condamné en mai dernier à 20 ans de prison a-t-il pu pendant trente ans agresser sexuellement près de 300 enfants sans être inquiété ? Dans “les Cercles du silence”, Cyril Denvers et Christophe Offenstein éclairent l’un des plus grands scandales de pédocriminalité.
Reconstitution fictionnelle du procès de Joël Le Scouarnec dans « les Cercles du silence » LSDFILMS-FRANCE 2
« Il m’enlevait ma blouse et faisait passer cela pour une auscultation. » Axel Chenu se revoit enfant, à 9 ans, dans sa chambre d’hôpital. Le chirurgien s’appelle Joël Le Scouarnec. Il vient de l’opérer de l’appendicite et l’agresse sexuellement lors de chaque pause cigarette de ses parents. « Il touchait la pompe à morphine et me sédatait pour pouvoir me canaliser, je ne pouvais plus bouger », dit celui qui n’a rien oublié de ce qu’il a subi sans jamais pouvoir le nommer. Comment aurait-il pu, lui qui ne savait même pas ce que c’était ? Près de trente ans plus tard, en 2019, quand les gendarmes l’appellent, le sol s’ouvre sous ses pieds. Son nom figure parmi 300 autres dans les journaux intimes de Joël Le Scouarnec. Plusieurs décennies durant, le médecin y a consigné les viols et agressions sexuelles qu’il a imposés à d’innombrables petits patients opérés dans les hôpitaux du Grand Ouest où il a exercé, de Loches, en Indre-et-Loire, à Jonzac, en Charente-Maritime, en passant par Vannes, Lorient et Quimperlé.
Le fiasco des institutionsCondamné en mai dernier à 20 ans de prison par la cour criminelle du Morbihan, Joël Le Scouarnec a agi pendant des décennies dans l’impunité. Malgré une condamnation en 2005 pour détention d’images pédopornographiques, connue de ses collègues, de l’Ordre des Médecins et des…
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