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Virginie Despentes n’écrit plus que dans un cahier pour éviter l’IA : « On en est là »

Дата публикации: 24-09-2026 11:04:08

Interrogée sur l’affaire entourant Thélyson Orélien, la romancière a confié toute sa fatigue à l’égard de l’entrée « forcée » de l’IA dans nos vies.

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Interrogée sur l’affaire entourant Thélyson Orélien, la romancière a confié toute sa fatigue à l’égard de l’entrée « forcée » de l’IA dans nos vies.

Virginie Despentes, ici sur le plateau de « C ce soir », ce mercredi 23 septembre.

Capture d’écran C ce soir

Virginie Despentes, ici sur le plateau de « C ce soir », ce mercredi 23 septembre.

EN BREF
• Virginie Despentes critique l’entrée forcée de l’IA dans la littérature et défend Thélyson Orélien, accusé d’avoir utilisé l’IA pour son roman.
• Elle remet en question la fiabilité de l’outil Pangram, utilisé pour analyser le livre d’Orélien, et exprime sa frustration face à l’omniprésence de l’IA.
• D’autres auteurs, comme Virginie Grimaldi, on également pris la parole sur le sujet.

L’IA au HuffPost.

« On n’a pas à se justifier », estime Virginie Despentes. Et Thélyson Orélien, non plus, d’après elle. Ce mercredi 23 septembre, la romancière française était interviewée sur le plateau de C ce soir, où elle a notamment défendu l’écrivain canado-haïtien, au centre d’une vaste polémique l’accusant d’avoir eu recours à l’IA pour son roman phénomène.

« Ça veut dire que n’importe quelle accusation, contre n’importe lequel d’entre nous, sera reprise contre nous comme argent comptant ? Du moment que ça vient de l’extrême droite : “Allez, on y va ! C’est que c’est vrai” », dénonce l’autrice de King Kong Théorie. Avant d’ajouter : « Pangram, est-ce que c’est vraiment un bon vérificateur ? A priori, non, pas encore. »

L’outil, dont s’est servi un compte anonyme et jusqu’ici peu suivi sur X pour passer au crible le livre de Thélyson Orélien C’était ça ou mourir, ne constitue pas une source fiable, en raison de son potentiel lot d’erreurs, de ses « hallucinations » ou de ses biais culturels.

« Pangram, va te faire foutre »

La société fondée en 2023, qui revendique être la plus performante en matière de détection d’IA, cite souvent un chiffre pour prouver ses dires, à savoir un taux de faux positifs de 0,0041 %, sans pour autant jamais préciser de quoi sont faits les 28 millions de documents qui ont servi à entraîner sa machine, rappelle par exemple Télérama.

« Pangram, va te faire foutre », lance Virginie Despentes. La romancière est remontée, pas seulement contre ce logiciel. « Quand je mets ma machine en route, l’IA est dans Word. Dans Google, aussi. Donc oui, les écrivains vont se servir de l’IA parce que l’IA est rentrée de force dans nos vies, dénonce l’autrice, qui écrit désormais dans un cahier. On en est là. »

Ce n’était pas le cas avant. « Quand j’ai vu que dans Word, l’IA me proposait de rédiger des trucs, ça m’a… Ça me fatigue, martèle-t-elle. Je veux bien qu’on corrige mon orthographe parce que j’en ai besoin, mais je ne veux pas savoir que l’IA me propose [quelque chose] parce que je suis devant une page blanche. Ça m’a heurtée. »

La romancière, qui précise que « tous ses romans ont été mangés par la machine » après leur traduction aux États-Unis, est catégorique : elle refuse de se justifier alors que l’IA lui « a tout pris », sans lui demander son avis, « qu’elle est entrée dans [son] écran de force ».

Le monde littéraire réagit

Depuis le début de la polémique, c’est un avis partagé dans la sphère littéraire. Sur Instagram, Virginie Grimaldi, qui s’est elle aussi retrouvée au cœur d’accusations similaires, rappelle que ces outils « dévorent » le style des écrivains, puis les accusent de les avoir utilisés. « C’est risible, souffle-t-elle, mais quand on y pense un peu, c’est terrifiant ».

Tandis que le président du Goncourt, Philippe Claudel, a appelé à la prudence, et à ne pas « jeter en pâture » Thélyson Orélien, Brigitte Giraud, qui préside le prix Femina, estime pour sa part ne pas avoir de commentaire à apporter, « tant que la preuve n’est pas rigoureusement établie qu’il serait écrit avec l’aide de l’IA ».

Grasset et les Éditions du Boréal, où a été publié C’était ça ou mourir initialement au printemps au Canada, ont défendu leur auteur, qui s’est, lui, justifié dans les pages de Libération. Il assure d’une part « aimer la création et l’écriture ». De l’autre, il dénonce les « nombreuses attaques racistes » qui cherchent à lui nuire.

Ce mercredi, un nouveau rebondissement a toutefois éclaté dans la presse canadienne, où certains médias, comme La Presse et Radio Canada, disent avoir constaté que plusieurs des chroniques d’antan de l’écrivain auraient été plagiées. Ni lui ni ses éditeurs n’ont pour le moment réagi à ces nouvelles allégations.

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