Particulièrement pénalisé par l’accès aérien via les pays du Golfe, l’archipel a vu le nombre de visiteurs français reculer de 7% depuis le début de l’année. Lors du salon IFTM, Bernadette Willemin...

Bernadette Willemin, conseillère spéciale auprès du Ministre du Tourisme des Seychelles. Photo : TB
Les signes sont rassurants, nous constatons un redémarrage depuis cet été.
En juillet et août, la fréquentation est repassée au vert, avec des progressions par rapport aux deux mois équivalents de 2025.
Certes, cette reprise ne va pas suffire pour rattraper le retard du début de l’année. Du 1er janvier au 13 septembre, le recul en nombre de visiteurs atteint 8,2%.
Mais au final, 2026 ne sera pas catastrophique et nous espérons retrouver les niveaux de 2024, après une année 2025 qui avait été exceptionnelle.
Nous avons réalisé un record historique en 2025 avec près de 398 841 visiteurs internationaux accueillis dans nos îles, en progression de 13% par rapport à 2024. Par ailleurs, les recettes touristiques se sont envolées de 39%, à 1,3 milliard de dollars.
Cette croissance a été portée par tous les continents, notamment l’Asie en progression de 34%. Certes, les arrivées en provenance d’Europe ont affiché une progression plus faible de 7%, mais elle constitue notre premier marché, à savoir 70% des entrées touristiques.
Derrière l’Allemagne qui fait la course en tête depuis plusieurs années, la France occupait la seconde place avec 41 000 visiteurs en 2025, un chiffre quasi-stable.
Du 1er janvier au 13 septembre 2026, nous avons accueilli 27 000 Français, en recul de 7%. Pour l’heure, la France n’est plus que sur la troisième marche du podium, dépassée par la Russie.
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Pour pallier aux difficultés aériennes via les hubs des compagnies du Golfe qui représentent une part importante du trafic, notamment depuis la France, Air Seychelles a déployé des moyens supplémentaires en affrétant des avions afin d’opérer une liaison directe entre Paris et Mahé, du 20 mars jusqu’au 30 août.
La compagnie a également mis en place des vols depuis Rome, durant un mois. Rappelons que les passagers pouvaient également voler via d’autres hubs africains, par exemple ceux d’Ethiopian Airlines, Kenya Airways.
Ces dernières volent toujours cet hiver, tout comme les compagnies du Golfe qui ont repris leurs liaisons ou encore Turkish Airlines.
Depuis l’Europe, les compagnies de loisirs comme Discover Airlines et Edelweiss Air (groupe Lufthansa, ndlr) ou encore Condor ont repris leurs vols saisonniers, certaines depuis le mois de juin plutôt que septembre.
A côté de cette offre, nous sommes conscients de la force que constitue une liaison directe avec la France et des discussions sont en cours pour trouver une solution depuis Paris. Nous souhaitons que les voyageurs aient le plus large choix possible.
Depuis plusieurs années, notre stratégie vise à diversifier nos marchés. L’Europe demeure notre socle mais il nous faut également attirer les visiteurs des autres continents.
Pour autant, nous ne voulons pas augmenter le nombre de visiteurs à tout prix mais trouver un juste équilibre. Nous préférons travailler au développement de la valeur dans le cadre d’une politique de tourisme durable, pour protéger nos îles qui sont fragiles. Notre richesse, c’est notre environnement.
Davantage de valeur ne signifie pas nécessairement nous concentrer sur le segment du luxe, même si nous disposons d’un parc hôtelier de très haute qualité qui continue à se développer de manière raisonnée.
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Les Seychelles comptent 846 établissements, de la pension de famille à l’hôtel de luxe, soit 16 816 lits.
En 2027, Melia s’installera sur l’île de Mahé avec un resort de 120 chambres et 40 villas et l’île Frégate verra la reconstruction du Fregate Island Private, un petit hôtel sur le segment ultra luxe, le seul de l’île.
Au-delà, il s’agit d’inciter les visiteurs à dépenser et faire travailler l’économie en découvrant nos îles au-delà des plages avec des expériences immersives qui profitent au tourisme local.
Par exemple la découverte de la nature, comme avec le « Seychelles nature trail » depuis trois ans ; la culture créole comme la gastronomie et le moutia, la danse traditionnelle inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2021 ; ou encore les rencontres avec la population.
Dans ce cadre, nous cherchons à développer l’offre. Le département du tourisme a fait un audit pour identifier les activités à développer, accompagner les réceptifs locaux et les habitants.
Le marché BtoB demeure essentiel et représente 60% des arrivées en provenance de France : via les tour-opérateurs bien sûr mais aussi les agences qui construisent des voyages à la carte, à qui nous devons mieux faire connaître la diversité de nos îles, les produits à vendre, les expériences à découvrir, les complexités en matière de logistique…
Cela passe par une politique de formation en collaboration avec les professionnels, hôteliers, réceptifs ; et notamment notre programme « Seychelles Smart » avec une sélection de vendeurs qui disposent d’un fort potentiel. A ce jour, 265 vendeurs sont certifiés et d’autres sont en cours.
En parallèle, le BtoC est important pour créer l’envie. Nous effectuons des campagnes de publicité comme dans le métro parisien, développons les actions sur les réseaux sociaux pour mettre en avant la diversité de notre offre ou participons à des salons de niche, comme le salon du mariage ou de la plongée, avec notamment pour cible les amateurs d’activités outdoor.