Au lycée Jean-Vigo de Millau, les personnels annoncent une grève reconductible sur fond de chantier et de postes vacants.
Au lycée Jean-Vigo de Millau, les personnels annoncent une grève reconductible sur fond de chantier et de postes vacants.
Réunis en assemblée générale ce lundi midi, des personnels de l’établissement ont décidé de lancer un mouvement de grève reconductible.
Selon les participants, plusieurs difficultés de fonctionnement se conjuguent : deux postes de proviseurs adjoints non pourvus, un poste d’enseignant en travaux pratiques manquant au lycée professionnel, qui met en péril l’ensemble de la filière, et des effectifs d’assistants d’éducation jugés insuffisants.
À cela s’ajoute la panne informatique majeure qui paralyse actuellement les services du rectorat en Occitanie, plus particulièrement ceux de l’académie de Toulouse. Une situation qui complique encore davantage le quotidien des élèves et des enseignants, contraints de "repasser au papier ".
"Une charge administrative folle""Entre nos messageries professionnelles totalement coupées, une charge administrative folle pour gérer les classes à l’ancienne sur papier, et l’angoisse de voir les dossiers de nos élèves boursiers ou les paies de nos collègues contractuels et AESH bloqués par cette panne, on navigue complètement à vue pour cette rentrée", explique un professeur.
Face à cette situation jugée "franchement intenable", qui ne leur permet plus de "travailler dans des conditions normales ", les personnels appellent ceux qui souhaitent les soutenir à se retrouver mardi matin à 7 h 45 devant le lycée, vêtus de noir.
"On aurait préféré ne pas en arriver là, mais la situation l’impose. Peut-être que les parents d’élèves pourront se joindre à nous", espère l’un des personnels mobilisés.
Le choix d’une rénovation en site occupéCette mobilisation intervient dans un contexte particulier pour l’établissement millavois. Depuis le mois de mars, la Région Occitanie a engagé une vaste opération de réhabilitation et de rénovation énergétique, dont le montant annoncé au lancement s’élève à 19,3 millions d’euros HT, intégralement financés par la collectivité régionale.
Un chantier d’envergure, prévu pour s’étaler jusqu’en 2029, et qui s’accompagne de nombreux désagréments pour les élèves comme pour les personnels. La transformation devant en effet s’opérer en site occupé. Pour faire face à cette contrainte, des bâtiments modulaires ont notamment été installés afin de compenser la disparition temporaire de salles de cours.
Le bruit et la chaleurSelon les informations communiquées à la rentrée, treize salles sont indisponibles et dix salles modulaires ont été installées pour pallier leur absence.
Une solution jugée insuffisante par certains enseignants qui, face aux épisodes de chaleur, se retrouvent contraints de composer entre la chaleur dans les salles et le bruit généré par les travaux.
Lors du lancement du chantier, en mars, le maître d’œuvre avait assumé le choix d’une rénovation en site occupé. L’établissement accueille chaque jour environ 1 200 personnes, élèves et personnels confondus, ce qui donne la mesure du défi logistique.
Particulièrement ambitieux, le chantier de rénovation du lycée Jean-Vigo ne va pas sans heurts. Les 110 élèves internes en font notamment l’expérience depuis cette rentrée : privés de leur internat pendant les travaux, ils sont provisoirement hébergés à l’hôtel Campanile de Millau. Tous espèrent retrouver leurs locaux à la rentrée 2027-2028, date annoncée pour la livraison de cette première tranche du chantier.