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Passiflore, valériane, millepertuis, safran… : que peut-on attendre de ces plantes du bien-être mental après 50 ans ?

Дата публикации: 21-08-2026 09:38:36

Pour Danielle Roux-Sitruk, docteur en pharmacie, la phytothérapie peut être une précieuse alliée, surtout passé la cinquantaine. Que ce soit au niveau digestion, circulation, vitalité, qualité du sommeil, soutien de l’immunité, gestion du stress… ...

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"Aujourd'hui, la science identifie les quatre grands mécanismes fondamentaux du vieillissement : la glycation, qui est la réaction entre le sucre et les protéines (ou lipides) de l'organisme, formant des produits qui ont un effet délétère sur les tissus et accélèrent l'inflammation chronique ; le stress oxydatif qui conduit à l'accumulation des radicaux libres qui endommagent l'ADN, les protéines et les membranes cellulaires et entraîne une dégradation cellulaire, des mutations, l'inflammation… ; l'immunosénescence, ou affaiblissement du système immunitaire avec l'âge ; le raccourcissement des télomères, qui limite la capacité des cellules à se renouveler", explique Danielle Roux-Sitruk, docteure en pharmacie et auteure de Mieux vivre grâce aux plantes après 50 ans (*).

Face à ces processus biologiques complexes, elle nous invite dans son ouvrage à explorer les bienfaits des plantes sur la plupart des pathologies liées au vieillissement. Dans le cadre de notre série d'été "Quelques clés pour plus de sérénité", Danielle Roux-Sitruk a accepté de répondre à nos questions.

Danielle Roux-Sitruk, docteure en pharmacie, auteure de Mieux vivre grâce aux plantes après 50 ans, Ed. Odile JacobDanielle Roux-Sitruk, docteure en pharmacie, auteure de Mieux vivre grâce aux plantes après 50 ans, Ed. Odile Jacob ©D. R.

1. Les neuroplantes pour "aller mieux dans sa tête" : comment agissent-elles sur le système nerveux central ?

Les "neuroplantes" sont des plantes dont certains constituants naturels peuvent influencer le fonctionnement du système nerveux central. Elles ne remplacent pas un traitement médical, mais peuvent accompagner certains troubles légers en modulant la communication entre les neurones. Leurs molécules actives peuvent agir sur différents systèmes impliqués dans l'équilibre émotionnel, le stress, le sommeil ou la cognition, notamment les neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine ou le GABA (acide gamma amino -butyrique), qui joue un rôle majeur dans l'apaisement du système nerveux. Certaines plantes peuvent soutenir la vigilance et la concentration, comme celles contenant de la caféine (thé vert, maté, guarana). D'autres favorisent la détente et la gestion du stress, comme la passiflore (Passiflora incarnata), ou améliorent la qualité du sommeil comme la valériane (Valeriana officinalis). Certaines enfin, comme le safran (Crocus sativus) ou le millepertuis (Hypericum perforatum), ont montré un intérêt dans les états de tristesse passagère ou de dépression légère.

Quels substituts non pharmacologiques aux benzodiazépines ?

2. Plus précisément, pour quels types de troubles est-ce réellement efficace ?

Les données scientifiques sont aujourd'hui les plus solides pour certaines indications précises : stress, anxiété modérée, troubles du sommeil, fatigue nerveuse, baisse de moral passagère… Il faut toutefois distinguer le "coup de pouce" apporté par certaines plantes dans les troubles fonctionnels du quotidien, de la prise en charge des pathologies psychiatriques comme une dépression caractérisée, qui nécessite un diagnostic et un suivi médical. Après 50 ans, cette approche est particulièrement intéressante car les besoins évoluent : qualité du sommeil, adaptation au stress, maintien des capacités cognitives et accompagnement du vieillissement en bonne santé.

Mieux vivre grâce aux plantes après 50 ans, Danielle Roux-Sitruk, Ed. Odile JacobMieux vivre grâce aux plantes après 50 ans, Danielle Roux-Sitruk, Ed. Odile Jacob ©Odile Jacob

3. Un exemple convaincant d'étude scientifique démontrant l'efficacité d'une neuroplante ?

Le millepertuis (Hypericum perforatum) est probablement la plante médicinale la plus étudiée dans ce domaine. Ses constituants, notamment l'hyperforine et les hypericine, interviennent sur plusieurs systèmes de neurotransmission, en particulier ceux impliqués dans la régulation de l'humeur. De nombreux essais cliniques et méta-analyses ont montré son intérêt dans les épisodes dépressifs légers à modérés, avec une efficacité comparable à certains antidépresseurs dans ces situations. Mais cette plante illustre aussi la nécessité d'un conseil professionnel : elle peut provoquer des interactions importantes avec de nombreux médicaments (notamment certains anticoagulants, contraceptifs, traitements cardiovasculaires ou immunosuppresseurs). Son utilisation doit donc être validée par un médecin ou un pharmacien formé.

"L'idée n'est pas de remplacer la médecine, mais d'utiliser les plantes comme un complément"

4. Quelles sont les limites de cette thérapie ? Dans quel cadre s'inscrit-elle ?

La phytothérapie utilise souvent des plantes ayant une marge de sécurité relativement large, mais "naturel" ne signifie pas "sans risque". Une plante mal choisie, prise à une dose excessive ou associée à certains médicaments, peut entraîner des effets indésirables ou des interactions. La première étape reste donc toujours d'identifier correctement le problème : une fatigue peut avoir de nombreuses causes, un trouble du sommeil peut cacher une pathologie, et une tristesse prolongée nécessite une évaluation médicale. La phytothérapie s'inscrit dans une démarche globale de prévention et d'accompagnement, particulièrement adaptée aux personnes de plus de 50 ans lorsqu'elle est fondée sur des connaissances scientifiques et un conseil personnalisé. C'est précisément l'approche développée dans mon ouvrage Mieux vivre grâce aux plantes après 50 ans, conçu pour aider chacun à comprendre quelles plantes peuvent être utiles, dans quelles situations et avec quelles précautions.

Et si écouter et observer les oiseaux nous aidait tout simplement à aller mieux ?

5. Un exemple concret pour illustrer l'intérêt d'une neuroplante ?

Mme Réveil, 45 ans, 59 kg, cadre en entreprise, sans problème médical particulier, consulte pour des troubles du sommeil apparus depuis plusieurs mois : difficultés d'endormissement, réveils nocturnes, ruminations au coucher et fatigue dans la journée. Elle souhaite éviter le recours aux hypnotiques. Après avis d'un professionnel formé, une association de plantes peut être proposée : une gélule d'extrait sec de passiflore (Passiflora incarnata) au dîner, pour son action anxiolytique et relaxante et 2 gélules d'extrait standardisé de valériane (Valeriana officinalis) au coucher, pour favoriser l'endormissement et améliorer la qualité du sommeil. Après quelques semaines, certaines personnes rapportent une diminution du temps d'endormissement, moins de réveils nocturnes et une meilleure récupération, sans effet de dépendance connu. Ces plantes ne sont pas de simples "calmants" : elles agissent sur des mécanismes neurobiologiques, notamment la modulation du système GABAergique, impliqué dans l'apaisement du cerveau. Leur effet est généralement progressif et nécessite une utilisation adaptée.

(*) Mieux vivre grâce aux plantes après 50 ans, Danielle Roux-Sitruk, Editions Odile Jacob, 22,90 €

Série d'été : quelques clés pour plus de sérénité

Dans un contexte ambiant souvent anxiogène, pourquoi ne pas tenter des thérapies douces pour diminuer son stress et tendre vers un mieux-être ? Des auteurs nous livrent leur approche particulière pour gagner en sérénité.

Jeudi : Philippe J. Dubois, écologue et ornithologue, et Elise Rousseau, naturaliste et ornithologue, auteurs de "Ornithérapie. Et si les oiseaux nous aidaient à aller mieux ?", Ed. Albin Michel.

Aujourd'hui : Danielle Roux-Sitruk, docteure en pharmacie, auteur de "Mieux vivre grâce aux plantes après 50 ans", Ed. Odile Jacob.

Samedi : Fiona Beenkens, architecte spécialisée dans le bien-être, auteur de "La neuro architecture. Comment optimiser votre santé et votre bien-être grâce à l'aménagement de votre espace", First Editions.

"On a encore plein de choses à découvrir" : pourquoi les scientifiques se réintéressent aux plantes médicinales

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