Écarté pour une faute déontologique il y a 7 mois de l’organisme flamand de l’Emploi, Wim Adriaens est détaché ailleurs dans l’administration, sans être sanctionné. ...
Cela bouge au VDAB. Le 1er septembre, l'organisme régional flamand de l'Emploi passera sous la direction d'Yves Demaeght, 60 ans. Il devrait être en de bonne main. Yves Demaeght affiche un solide CV. Cet Anversois a acquis une belle expérience dans le secteur privé (Alcatel, Cartamundi, KPMG, etc.) où il faisait briller ses connaissances en gestion des ressources humaines. Il s'est aussi frotté à la fonction publique. Il a été gestionnaire de crise à l'Agence Opgroeien – l'équivalent flamand de l'Office de la naissance et de l'enfance – lorsque le manque criant de places dans les crèches avait débouché sur une crise politique. Il est également administrateur indépendant à la VRT, où il préside le comité d'audit. Cerise sur le gâteau : Yves Demaeght est réputé n'avoir aucune étiquette politique – c'est en tout cas ce que la ministre flamande de l'Emploi Zuhal Demir (N-VA) affirme depuis qu'elle a entériné sa nomination en juin.
Yves Demaeght n'aura pas beaucoup de temps pour se familiariser à son nouvel emploi. Il devra négocier un nouveau contrat de gestion pour le VDAB. Le gouvernement flamand l'a déjà prévenu qu'il devra faire fonctionner son institution avec une enveloppe rabotée de 85 millions d'euros. Et ce, alors que le marché de l'emploi, certes robuste en Flandre, est un peu secoué par la limitation dans le temps des allocations de chômage et la montée en puissance de l'Intelligence artificielle.
Le nouveau patron devra aussi ramener le calme dans une équipe de direction qui aura été fameusement bousculée depuis le début de l'année. Yves Demaeght succède en effet à Joris Philips qui avait été bombardé, en janvier, directeur du VDAB à titre transitoire après la démission surprise de Wim Adriaens, à la tête de l'entreprise depuis 2019.
Un recrutement hors normeL'ancien patron de l'agence flamande de l'emploi n'avait pas résisté à une enquête Vlaanderen Audit, l'organisme chargé de traquer les problèmes de fonctionnement de l'administration flamande, à propos d'un recrutement jugé problématique. L'enquête portait sur l'engagement à durée déterminée d'une personne d'origine taïwanaise pour une fonction internationale au VDAB, un engagement apparemment effectué dans des circonstances très particulières et en dépit des procédures réglementaires de recrutement dans la fonction publique flamande. Au moment de la signature de son contrat, l'employée en question ne parlait par ailleurs pas le néerlandais, ce qui est pourtant une obligation pour travailler dans la fonction publique flamande. Mis durement sur la sellette, Wim Adriaens a jugé sa position intenable et présentait sa démission le 14 janvier.
Actiris et le VDAB intensifient leur coopération : Le nombre de personnes accompagnées passera de 2.000 à 6.000Un nouvel emploiL'ancien directeur général n'a cependant pas été sanctionné. Il est resté à la maison tout en continuant à toucher la quasi-intégralité de son salaire. Het Laatste Nieuws a révélé ce jeudi que Wim Adriaens va reprendre du service dans la fonction publique flamande. L'ancien patron du VDAB devient en effet manager à Het facilitaire bedrijf, une cellule qui apporte un soutien aux entités de l'administration flamande dans la gestion de leurs activités. Il y sera détaché pendant 9 mois au moins.
Le directeur du VDAB remet sa démission après avoir reconnu une faute déontologiqueLa décision de recaser Wim Adriaens dans l'administration sans lui infliger une sanction peut paraître un peu surprenante. Elle est pourtant inscrite dans le statut des agents de la fonction publique flamande. Ce statut assure en effet une certaine protection aux hauts fonctionnaires contre un licenciement d'ordre politique – par exemple si un nouveau ministre de tutelle est désigné et désire s'attacher les services d'un manager de sa couleur politique. Il ne serait étonnant, à la lumière de ce cas d'école, que cette protection soit revue à la baisse dans les prochains mois.
Le VDAB et Actiris versent chaque année plus de 100 millions d'euros aux CPASPour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.