Instagram et Facebook ont-ils délibérément rendu les ados accros aux réseaux sociaux ? C’est la question au cœur d’un procès historique qui s’ouvre aux Etats-Unis. Le groupe Meta est soupçonné d’avoir mis en place des likes et notifications pour attirer les plus jeunes, tout en cachant les risques pour leur santé mentale.
Publié le 19/08/2026 20:20 Mis à jour le 19/08/2026 22:10
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Article rédigé par France 2 - O. Longueval, A. Filippi. Édité par l'agence 6Medias
France Télévisions
Instagram et Facebook ont-ils délibérément rendu les ados accros aux réseaux sociaux ? C’est la question au cœur d’un procès historique qui s’ouvre aux Etats-Unis. Le groupe Meta est soupçonné d’avoir mis en place des likes et notifications pour attirer les plus jeunes, tout en cachant les risques pour leur santé mentale.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Brandis par leurs parents, les visages d'enfants devenus symbole d'un combat contre les réseaux sociaux, soupçonnés d'être responsables de leur mort. Amanda, 15 ans. Alex, 17 ans. Les prénoms et les jeunes âges de 400 victimes ont été exposés devant le tribunal où débute un procès historique contre Meta, la maison mère de Facebook et Instagram.
Annalee Schott, elle, n'avait que 18 ans quand elle s'est suicidée. "Je suis ici aujourd'hui parce que ma fille devrait être encore en vie", déclare sa mère au pupitre. C'est dans son journal que cette dernière a découvert l'origine de son mal-être. "Annalee a écrit : 'Cette soirée est la pire que j'ai connue depuis longtemps. Assise par terre, dans la salle de bains, à me dire combien je me déteste. Je regarde les profils des autres filles et je me sens pire encore", lit la mère de la victime.
Une addiction dévorante aux réseaux sociaux, voilà ce que reprochent à Meta ces parents et les procureurs de 29 États. "Dans quelques années, on y pensera et on se dira : Mais qu'est-ce qui nous a pris de livrer nos enfants à ces entreprises sans réglementation ?", avance Victoria Hinks, la mère d’une victime.
Une protection des enfants insuffisante et une addiction qui serait provoquée à coups de "j'aime" sur les publications, de défilements infinis de vidéos, de filtres censés embellir. Une dépendance qui, selon les procureurs, serait causée délibérément par Meta, même si l'entreprise assure faire son possible pour protéger les adolescents. "Nous avons la preuve que Meta sait. Meta sait qu'Instagram est nocif pour une part importante des adolescents, en particulier des adolescentes", avance Rob Bonta, le procureur général de Californie.
"Ce n'est pas la première fois que Meta est dans le viseur de la justice pour ces raisons, mais c'est la première fois que l'entreprise va devoir s'en expliquer devant un tribunal fédéral poursuivi par 29 États, avec le risque d'une amende qui pourrait atteindre 200 milliards de dollars. C'est historique", conclut Odile Longueval, de France Télévisions Washington.
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