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« Depuis onze ans, je vis grâce à mes méduses » : au Verdon-sur-Mer, l’étonnant univers de Sébastien Rideau

Дата публикации: 13-08-2026 16:54:00

À 51 ans, Sébastien Rideau façonne méduses, coraux et hippocampes dans une ancienne cabane ostréicole du Verdon-sur-Mer. Ancien carrossier devenu artiste autodidacte, il a construit en onze ans un univers

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À 51 ans, Sébastien Rideau façonne méduses, coraux et hippocampes dans une ancienne cabane ostréicole du Verdon-sur-Mer. Ancien carrossier devenu artiste autodidacte, il a construit en onze ans un univers marin singulier, avec patience et minutie

Au bout du chemin, après l’enfilade des anciennes cabanes ostréicoles du Verdon-sur-Mer, les numéros 81 et 82 ouvrent sur un autre monde. Dans la pénombre maîtrisée du Ras d’Eau, des méduses semblent flotter sous verre. Plus loin, des coraux, des oursins, des hippocampes et des anémones surgissent de petits fonds marins imaginaires. Chaque pièce a sa place, chaque lumière son angle. Rien ne paraît laissé au hasard. À gauche, l’atelier ; à droite, une grande pièce lumineuse transformée en galerie. « Celle-ci, je ne la vendrai jamais, c’est ma toute premi...

Au bout du chemin, après l’enfilade des anciennes cabanes ostréicoles du Verdon-sur-Mer, les numéros 81 et 82 ouvrent sur un autre monde. Dans la pénombre maîtrisée du Ras d’Eau, des méduses semblent flotter sous verre. Plus loin, des coraux, des oursins, des hippocampes et des anémones surgissent de petits fonds marins imaginaires. Chaque pièce a sa place, chaque lumière son angle. Rien ne paraît laissé au hasard. À gauche, l’atelier ; à droite, une grande pièce lumineuse transformée en galerie. « Celle-ci, je ne la vendrai jamais, c’est ma toute première », glisse Sébastien Rideau en désignant une grande méduse rouge.

À 51 ans, le Soulacais passe ici toutes ses journées. Un homme simple, calme, qui s’émerveille encore volontiers devant « les belles choses » et peut consacrer des heures à un détail à peine visible. « C’est ce qui fera toute la beauté de la pièce. » La patience est devenue l’une de ses matières premières. Avec la résine, bien sûr, mais aussi les années.

« Une idée folle »

Fils de gendarme, élevé dans le Médoc, Sébastien Rideau commence à 17 ans un apprentissage de peintre automobile. La carrosserie sera son métier pendant plus de vingt ans. Il ouvre même sa propre entreprise à Bordeaux. « J’ai toujours beaucoup travaillé avec mes mains », raconte-t-il. Dessiner, bricoler, fabriquer : l’envie de créer n’était jamais très loin. À 40 ans, pourtant, il en a « trop fait ». Il vend sa carrosserie et s’accorde une année. Une parenthèse, pense-t-il alors, avant de reprendre éventuellement son ancien métier.

Il arrive au port avec une idée qu’il qualifie lui-même de « folle » : fabriquer des méduses lumineuses. Pourquoi elles ? Difficile à dire exactement. Il évoque une enfance au bord de l’océan, une passion pour la nature héritée de sa mère et de son grand-père, et surtout l’envie de représenter des animaux que l’on voit peu. « Je voulais faire de la sculpture animalière, mais pas des choses qui étaient déjà faites. » La cabane qu’il rachète est à l’abandon. Il la retape entièrement, conserve des traces de son passé (cordages, filets, bouées) et façonne peu à peu un univers à son image. Il lui faudra presque dix ans pour parvenir à l’atelier qu’il juge aujourd’hui « idéal ». Il lui manque seulement l’eau courante : bidons et petite pompe font partie du décor.

Dès l’entrée de la cabane de Sébastien Rideau, on est plongé dans l’univers marin. Dès l’entrée de la cabane de Sébastien Rideau, on est plongé dans l’univers marin.

L. C. / SO

Jusqu’au Palais royal marocain

Au début, les voisins le regardent débarquer « un peu comme un Martien ». Lui-même était venu ici « pour se planquer », dit-il en souriant, et vivre tranquillement son « délire de la quarantaine ». Mais les curieux poussent la porte. Puis reviennent. Le bouche-à-oreille fonctionne. Des articles et des émissions suivent. Un passage dans « La Maison France 5 » lui vaut encore d’être reconnu par certains visiteurs. Ses sculptures ont depuis voyagé en Allemagne, en Angleterre, aux États-Unis ou au Maroc. Certaines se trouvent même, raconte-t-il, au Palais royal marocain, après une exposition chez Deyrolle à Paris.

L’une des nombreuses créations en résine de Sébastien Rideau. L’une des nombreuses créations en résine de Sébastien Rideau.

L.C.

Dans son atelier pourtant, pas de posture. Sébastien Rideau parle surtout de technique, d’essais ratés et de gestes répétés. Il n’a suivi aucune école d’art. « J’ai tout appris moi-même, avec mes petites mains et de la patience. » Il modèle d’abord ses formes dans l’argile, réalise des moules en silicone, travaille la résine polyester, assemble, colore, éclaire et met en scène. Au fil des années, il a inventé ses propres procédés pour obtenir la finesse recherchée : les piquants d’un oursin, la transparence d’une méduse, la légèreté presque aérienne d’un hippocampe feuillu.

« J’ai tout appris moi-même, avec mes petites mains et de la patience »
Métier passion

Il produit une cinquantaine de sculptures par an, parfois soixante. Depuis deux ou trois ans, l’essentiel se fait sur commande. Certains commencent par une méduse, puis reviennent pour des coraux, anémones ou hippocampes. Les pièces fragiles, il préfère les livrer lui-même dans la région. « Je ne suis pas le meilleur en com », reconnaît-il, amusé, en parlant d’un globe terminé qu’il avait simplement oublié de signaler à son client.

Sébastien Rideau met en scène chacune de ses œuvres allant jusqu’à travailler l’éclairage de celles-ci. Sébastien Rideau met en scène chacune de ses œuvres allant jusqu’à travailler l’éclairage de celles-ci.

L. C. / SO

« Depuis onze ans, je vis grâce à mes méduses », sourit-il, fièrement. Et à l’écouter, la réussite ne se mesure pas vraiment au nombre de pièces vendues. « Le salaire, c’est une chose. Mais ce qui nourrit, c’est d’être dans un lieu qui nous plaît et de faire ce que l’on aime. » Dans cette cabane au ras de l’eau, il a fini par trouver exactement cela : un métier devenu passion, et un monde qu’il a construit de ses mains.

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