Plus simples à utiliser qu’un télescope classique, les instruments connectés promettent de rendre l’astronomie accessible au plus grand nombre. L’éclipse du 12 août 2026 était l’occasion parfaite de tester l’un des modèles les moins chers du marché.
Les télescopes connectés sont en train de changer la façon d’aborder l’astronomie. Là où un instrument classique demande un peu de pratique pour être installé, réglé et orienté vers le bon objet, ces nouveaux appareils font une grande partie du travail à la place de l’utilisateur. On les pose sur un trépied, on les connecte à une application et ils se chargent ensuite de trouver et de suivre les astres.
Pour voir ce que cela donne en pratique, l’éclipse solaire du 12 août 2026 était un moment rêvé. J’ai donc testé le Seestar S30 Pro, l’un des télescopes connectés les moins chers du marché (*).
Une installation en quelques minutesPremière bonne surprise : l’installation est rapide. En quelques minutes, le petit télescope est installé sur son trépied, mis en station et orienté vers le Soleil. Une fois le filtre solaire correctement placé, il ne reste plus qu’à lancer le suivi.
Pour l’occasion, un timelapse de deux heures est programmé (l’appareil déclenche une photo toutes les secondes pour réaliser une vidéo en accéléré). Une fois le bouton lancé, le Seestar peut travailler seul. Il suit le Soleil et enregistre automatiquement les différentes étapes de l’éclipse. Pendant ce temps, plus besoin de s’occuper de la photographie. Les lunettes d’éclipse sur le nez, il ne reste qu’à profiter du spectacle. La Lune commence à grignoter le Soleil, puis avance progressivement devant son disque. La lumière change autour de moi et je peux suivre le phénomène sans avoir à me préoccuper du cadrage ou de la mise au point.
L’éclipse aussi sur l’écranDe temps en temps, je jette un œil à l’écran du smartphone connecté au télescope. C’est lui qui fait office d’interface de contrôle et permet de voir en direct ce que capte l’instrument. C’est aussi l’occasion de déclencher manuellement quelques photos des moments les plus forts.
Autour de moi, sur la plage, plusieurs personnes viennent regarder l’écran à tour de rôle, curieuses de découvrir l’éclipse sous cet angle. Un complément intéressant à l’observation directe, qui permet aussi de vérifier que le Seestar poursuit tranquillement son travail.
Et il travaille bien. Pendant que nous profitons du spectacle, il enregistre image après image. Pas besoin de rester derrière lui, ni de surveiller en permanence les réglages. C’est finalement toute la partie contraignante de la photographie astronomique qui disparaît.
Et là, c’est le « waouh »Puis vient le moment de récupérer les images, et là, c’est le « waouh ». Le Soleil apparaît avec une belle netteté et les différentes phases de l’éclipse sont parfaitement visibles. Le timelapse permet, lui, de revivre en quelques instants les deux heures durant lesquelles la Lune a progressivement recouvert le Soleil.
Seule précaution à prendre : ne pas bousculer le trépied. Un simple contact suffit à faire trembler l’image, un mouvement que l’on retrouve ensuite dans le timelapse. Le résultat est cependant remarquable et le plus étonnant reste de se dire que ces images ont été obtenues quasiment sans rien faire. Quelques minutes d’installation, un lancement et le télescope s’est occupé du reste.
Faire de l’astrophotographie tout en profitant du spectaclePour une première expérience avec un télescope connecté, le test est donc plutôt convaincant. Ces instruments tiennent leur promesse en rendant l’astronomie beaucoup plus accessible, mais ils présentent aussi un intérêt évident pour l’astrophotographie. L’éclipse en a été une parfaite démonstration. Le Seestar m’a permis d’obtenir de belles images sans rester les yeux rivés sur le téléphone et, surtout, sans être prisonnier des contraintes techniques de la prise de vue. Pendant que le télescope travaillait, j’ai simplement profité de l’éclipse. Et finalement, c’est peut-être là que les télescopes connectés ont le plus à offrir : ils ne remplacent pas le plaisir d’observer le ciel. Ils permettent de le partager et de le photographier sans en perdre une miette.
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*La société ZWO propose deux séries Seestar : la série 30 (749 € pour le S30 pro qui remplace le S30 en fin de vie) et la série 50 (499 € pour le S50).
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