Un an après l’incendie inédit de Montesquiou, le colonel Jean-Louis Ferres, directeur du Service départemental d'incendie et de secours du Gers, fait le point sur le risque dans le département. Des feux plus nombreux,...
l'essentiel Un an après l’incendie inédit de Montesquiou, le colonel Jean-Louis Ferres, directeur du Service départemental d'incendie et de secours du Gers, fait le point sur le risque dans le département. Des feux plus nombreux, davantage de surfaces brûlées et des renforts plus fréquents hors du Gers : les pompiers s’adaptent à des interventions toujours plus exigeantes.
Un an après le feu de Montesquiou, quel est aujourd’hui le niveau du risque incendie dans le Gers ?
Le Gers est de plus en plus sensible et les statistiques le démontrent. Depuis le 1er juin, 110 hectares de végétation ont brûlé pour 116 feux de forêt et d’espaces naturels. À la même époque en 2025, nous étions à 72 hectares et 90 feux. Nous avons donc plus de feux et plus de surfaces brûlées.
Face à cette augmentation du risque, comment le SDIS du Gers s’est-il adapté ?
Entre 2022 et 2025, nous avons quasiment doublé le nombre de spécialistes feux de forêt, de 120 à 230. Nous avons aussi augmenté notre parc de camions-citernes. Dans le cadre du pacte capacitaire, l’État a financé à 62 % dix engins supplémentaires. Nous disposons aujourd’hui d’une puissance de frappe bien supérieure à celle de 2022.
Les pompiers gersois sont aussi davantage sollicités hors du département. Qu’est-ce que cela change ?
Nous avons déjà eu 13 engagements hors du Gers cette année, contre neuf à la même période en 2025. Nous partons désormais aussi souvent vers le Sud-Est que vers le Sud-Ouest. Nous sommes également intervenus dans le Lot, le Tarn ou la Haute-Garonne. Cette activité ajoute une pression opérationnelle.
Dans ce département rural, quelle place les agriculteurs peuvent-ils prendre dans la lutte ?
Elle est importante. Une convention avec la Chambre d’agriculture permet notamment d’alerter les exploitants par SMS lorsque le risque est sévère ou très sévère. Sur les derniers feux, comme à Berdoues, des agriculteurs sont venus spontanément avec des tonnes à eau. C’est précieux dans les premières minutes, mais cette aide doit être coordonnée pour garantir leur sécurité.
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Sur quels leviers peut-on agir pour empêcher qu’un feu ne gagne les habitations ?
Dans le Gers, des céréales ou une prairie peuvent jouxter des broussailles, puis un tas de bois, un hangar et une maison. Cette continuité du combustible permet au feu de progresser. Le débroussaillement et l’entretien des terrains sont donc essentiels.
Avec 230 spécialistes et davantage de véhicules, quels sont aujourd’hui les besoins du SDIS 32 ?
Le sujet est essentiellement budgétaire. Il y a vingt ans, le SDIS réalisait environ deux fois moins d’interventions. Et 85 % de nos missions restent du secours à personne. Nous devons assurer cette activité quotidienne tout en répondant à des événements de plus en plus exigeants. Les ressources n’évoluent pas aussi rapidement que nos missions.
En quoi les incendies de ces dernières années démontrent-ils que la Sécurité civile doit changer de dimension ?
Chaque année, on est obligé de boxer dans la catégorie supérieure. Il y a encore trois ou quatre ans, un mégafeu, c’était 5 000 hectares. Puis nous avons connu 16 000, 20 000, 40 000 hectares. La fréquence, l’intensité et l’exigence des missions changent rapidement. La Sécurité civile doit continuer à adapter ses moyens : les saisons seront de plus en plus exigeantes.