Dans le film de David Robert Mitchell, l’actrice incarne une mère dont le quartier est soudain plongé à l’ère des dinosaures. Un hommage à Steven Spielberg, qui tend aussi un miroir à l’époque. ...
C'est un film avec des indices que David Robert Mitchell, cinéaste prodige auteur de deux longs métrages considérés comme des classiques instantanés du cinéma de genre (It Follows et Under the Silver Lake), s'amuse à distiller tout au long de la magistrale introduction de son nouveau film.
Si la famille Platt nous est d'abord présentée comme la famille idéale (des parents aimants prêts à faire de la course à sac le dimanche avec leurs deux enfants lors de la fête des voisins), les enjeux relationnels qui travaillent leur noyau familial sont vite posés. Un couple parental au bord de la crise (Anne Hathaway en mère désillusionnée et Ewan McGregor qui s'est fait virer de son boulot et livre des pizzas en cachette) et deux ados en pleine ébullition constituent la trame de ce qui apparaît d'abord comme une simple chronique familiale située en 1982.
Tout cela pourrait paraître normal, jusqu'à ce qu'une fleur mésozoïque pousse dans le jardin d'à côté. Très vite, le surnaturel fait irruption dans le banal, mais la force du film est de ménager autant le thriller familial que le blockbuster jurassique. Et pour cause.
Hommage à SpielbergProduit par J.J.Abrams (grand admirateur de Steven Spielberg), David Robert Mitchell ne cache pas son ancrage spielbergien, moral et visuel. La Fin d'Oak Street se présente à la fois comme un héritier de Poltergeist, film culte sur une famille américaine plongée dans l'horreur, écrit par Spielberg et réalisé par Tobe Hopper en 1982 (tiens tiens), et de Jurassic Park, qui renouvelait le film de dinosaure par le numérique en 1993.
Exarcerbé ici en Imax, l'attrait pour les monstres et pour le spectaculaire (un quartier pavillonnaire basculé à l'ère des dinosaures, avec diplodocus à lainage qui copulent et T.Rex assoiffé de sang – les plus agaçants ici étant les simples vélociraptors à long bec et le plus dégueu un long ver surdimensionné) ne prend jamais le pas sur les liens familiaux, ou alors joue à les amplifier, notamment dans les scènes de terreur domestique.
Chacun y trouvera son compte dans ce miroir tendu à la famille américaine qui s'avère bien de son époque, avec Anne Hathaway en "mater familias" lucide, qui a besoin que son mari cesse de se fuir lui-même pour l'aimer, et des jeunes ados cernés par le désenchantement devant le carnage possible. La faille temporelle dégagée par le film s'inscrit dans nos propres failles, et même si le film est vendu par la Warner comme le blockbuster de l'été et tient avant tout du divertissement pop, il trouve sa part de profondeur contemporaine.
La fin d'Oak Street ©Warner
©WarnerScience-fiction Scénario et réalisation David Robert Mitchell Musique Michael Giacchino Photographie Mike Gioulakis Montage John Axelrad Avec Anne Hathaway, Ewan McGreggor, Maisy Stella… Durée 1h40
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