Jean-Baptiste Landes, entrepreneur albigeois, a développé un système innovant pour collecter l'eau de pluie en intégrant des réservoirs dans les tuiles de toiture. Capables de stocker jusqu'à 40 litres par mètre...
l'essentiel Jean-Baptiste Landes, entrepreneur albigeois, a développé un système innovant pour collecter l'eau de pluie en intégrant des réservoirs dans les tuiles de toiture. Capables de stocker jusqu'à 40 litres par mètre carré, ces tuiles visent à répondre à la raréfaction de l'eau due au réchauffement climatique. La start-up Cactile espère étendre ce concept aux clôtures et murs.
Face à la raréfaction des ressources en eau, Jean-Baptiste Landes fait le pari d'intercepter et de valoriser la moindre goutte de pluie avant qu'elle ne touche le sol. "L'accès à l'eau devient une préoccupation majeure avec le réchauffement climatique", affirme-t-il.
Il y a cinq ans, cet entrepreneur albigeois imagine ainsi un moyen inédit de collecter la ressource : intégrer directement des réservoirs au cœur des tuiles de toiture. L'eau y est immédiatement stockée plutôt que de ruisseler vers les sols, permettant par exemple d'alimenter les réseaux de toilettes. "Rien ne change visuellement, on retire simplement le système d'évacuation habituel des gouttières", explique le créateur de la société baptisée Cactile.
Presque 40 litres d'eau récupérés par mètre carréCes réceptacles intégrés peuvent contenir jusqu'à 40 litres par mètre carré. "Nous avons consacré beaucoup de temps à identifier le bon matériau : il devait être suffisamment léger pour ne pas fragiliser les charpentes, tout en étant intégralement recyclable", précise-t-il.
Le choix s'est porté sur le PEHD (un dérivé du plastique), un composant plus léger qu'une tuile en terre cuite classique, même lorsque le réservoir est au maximum de sa capacité, et particulièrement avantageux pour le recyclage.
Jusqu'ici, Jean-Baptiste Landes intègre 50 % de matière recyclée dans sa production et ambitionne d'atteindre les 100 % à terme. Mais la start-up albigeoise ne limite pas son concept aux seuls toits : elle propose également son dispositif sous forme de clôtures ou de modules encastrables dans les murs.
"Trouver des solutions concrètes"Cette alternative écologique intervient opportunément lors d'un été particulièrement caniculaire. "Ce n'est pas un problème récent, mais la prise de conscience devient collective", souligne-t-il. Avant de fonder Cactile, ce Toulousain d'origine pilotait le secteur hydroélectrique chez EDF. Il y a constaté un paradoxe frappant : plus la chaleur augmente, plus les besoins en eau s'intensifient, alors même que la ressource disponible se raréfie.
La clôture en bois avec réservoir d'eau intégré imaginé par Cactile.
DR - Cactile
"Cette situation est devenue une véritable source d'inquiétude qui m'a poussé à rechercher des solutions concrètes", explique-t-il. L'inspiration lui vient notamment de l'observation de la faune et de la flore.
"Certaines espèces ont appris à s'adapter aux climats arides, à l'image des chameaux", rappelle Jean-Baptiste Landes. Le cactus, modèle d'adaptation biologique, a d'ailleurs directement donné son nom à l'entreprise.
La jeune pousse a déjà concrétisé plusieurs chantiers pilotes dans le Tarn, notamment à Castres, tandis que d'autres installations se poursuivent à Albi. À terme, le fondateur de Cactile espère nouer des partenariats avec les grands réseaux de distribution pour démocratiser l'accès à son invention chez les particuliers.