Avec son Pacte régional pour la souveraineté alimentaire, adopté à l’unanimité, l’Occitanie veut renforcer sa capacité à produire, transformer et commercialiser davantage sur son territoire. Dotée de 145 millions...
l'essentiel Avec son Pacte régional pour la souveraineté alimentaire, adopté à l’unanimité, l’Occitanie veut renforcer sa capacité à produire, transformer et commercialiser davantage sur son territoire. Dotée de 145 millions d’euros sur 2026-2030, cette nouvelle feuille de route agricole place le revenu des exploitants, l’eau et la création de valeur au cœur de ses priorités.
Première région de France pour le nombre d’exploitations agricoles, première région bio de France en nombre de fermes et en surfaces, premier vignoble de France : c’est peu dire que l’agriculture est importante dans l’économie et la vie de la région. Pas étonnant dès lors que les difficultés que rencontrent les agriculteurs appellent une forte mobilisation.
Ainsi le 4 juin dernier, les élus régionaux d’Occitanie ont adopté à l’unanimité une nouvelle feuille de route pour l’agriculture. Baptisé « Pacte régional pour la souveraineté alimentaire – Produire pour nourrir sainement », ce programme mobilisera 145 millions d’euros entre 2026 et 2030. Il entend répondre à la fois aux difficultés économiques des exploitations, aux aléas climatiques et sanitaires et au manque d’outils locaux de transformation.
Élaboré après plus d’un an de concertation avec les professionnels et les citoyens, puis débattu lors du Salon international de l’agriculture de février 2026, le Pacte fixe un objectif : maintenir et renforcer les capacités de production tout en améliorant la valeur créée sur le territoire. Il constitue également la contribution de l’Occitanie à la démarche nationale engagée par l’État sur la souveraineté alimentaire.
Un Fonds d’investissement agricole souverainLa Région veut notamment favoriser la structuration de filières territorialisées et la relocalisation de la transformation et de la commercialisation. Parmi les principaux engagements figure la création d’un fonds d’investissement agricole souverain doté de 30 millions d’euros.
Il doit notamment compléter les dispositifs consacrés à la recapitalisation des cheptels. Un « accélérateur agro Occitanie », doté de 600 000 euros, accompagnera également le développement d’activités de transformation directement dans les exploitations. Les initiatives locales visant à produire, transformer et trouver des débouchés sur un même territoire bénéficieront, elles, de 210 000 euros.
L’eau, volet majeurL’eau constitue l’autre volet majeur du dispositif. Cinquante millions d’euros sont annoncés pour sécuriser les apports, notamment dans le cadre de l’extension d’Aqua Domitia. Cette orientation prolonge une politique déjà engagée dans l’hydraulique agricole. La Région soutient ainsi 52 nouveaux projets individuels à hauteur de 1,3 million d’euros, pour 2,5 millions d’euros d’investissements. Retenues, réseaux d’irrigation ou modernisation des équipements doivent permettre de mieux sécuriser et optimiser l’accès à l’eau.
Entre 2014 et 2023, 193 millions d’euros d’investissements ont été réalisés dans des projets d’hydraulique agricole, avec 150 millions d’euros d’aides, selon la Région. Ces opérations permettraient d’économiser jusqu’à 100 millions de mètres cubes d’eau par an.
Répartition de la surface agricole utilisée (SAU) des exploitations en Occitanie en 2024
DDM
Le Pacte prévoit aussi le développement d’Occit’Alim, à hauteur d’un million d’euros, ainsi que l’élaboration de contrats d’objectifs de production avec les représentants des filières. En parallèle, la Région poursuit son soutien aux actions d’INTERBIO Occitanie destinées à promouvoir la consommation de produits biologiques et locaux.
Pour l’exécutif régional, l’enjeu dépasse donc le seul soutien aux exploitations : il s’agit de rapprocher production, transformation et débouchés afin de conserver davantage de valeur ajoutée en Occitanie. « Une énième loi d’urgence agricole n’est pas la réponse adéquate aux préoccupations des professionnels. Grâce à cette nouvelle feuille de route agricole, construite collectivement, nous apportons des solutions concrètes et durables aux difficultés rencontrées par les agriculteurs, les viticulteurs et les pêcheurs », assure la présidente de la Région, Carole Delga.