« Le bilan officiel de l’épidémie, constate Afrik.com, s’établit désormais à un peu plus de 4 000 cas confirmés et 1 850 morts, répartis sur cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L’OMS classe déjà cette flambée comme la deuxième plus grave de l’histoire, derrière la crise d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016 (plus de 28 000 cas). Principale difficulté sur le terrain, le responsable de cette résurgence est le virus Bundibugyo. Plus rare que la souche Zaïre, il ne bénéficie d’aucun vaccin ni traitement antiviral homologué, même si des essais cliniques restent en cours. »
Qui plus est, relève encore le site panafricain, « la situation sécuritaire dans l’est de la RDC complique la réponse. Les équipes sanitaires doivent travailler dans des régions touchées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités. L’OMS estime également qu’une partie importante des nouvelles contaminations apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées, signe que le virus continue de circuler discrètement dans certaines communautés. »
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Faible riposteLa semaine dernière, note le site de Radio Okapi à Kinshasa, « les Nations unies ont tiré la sonnette d’alarme. (…) L’organisation indique que cette flambée est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays, malgré le renforcement des moyens de riposte déployés sur le terrain. »
En effet, précise Radio Okapi, « face à cette accélération de l’épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux ont intensifié leurs efforts. Un centre de traitement de 100 lits, présenté comme le plus grand jamais construit en RDC pour la prise en charge d’Ebola, devait ouvrir ses portes ces derniers jours en Ituri. Parallèlement, l’OMS a renforcé les capacités d’un autre centre de traitement situé à Nizi, afin d’améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus. »
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Kinshasa épargnée…Pour l’instant, l’épidémie d’Ebola est contenue à l’est du pays. À Kinshasa, note le site MediaCongo, « les autorités assurent qu’aucun cas n’a été enregistré. (…) Le bateau qui avait été immobilisé ces derniers jours à environ 65 kilomètres de la capitale à la suite d’une alerte liée à une possible contamination à Ebola, ce bateau a finalement été autorisé à poursuivre sa route. Après le décès suspect d’un passager victime de fortes fièvres, sept personnes présentant des symptômes à bord ont été soumises à des tests de dépistage. Tous les résultats se sont révélés négatifs, selon le ministre de la Santé. »
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Du « jamais-vu » !« Une épidémie de cette ampleur, c’est du jamais-vu », affirme dans les colonnes de Libération à Paris John Johnson, spécialiste des épidémies à Médecins sans frontières (MSF). « Une épidémie de cette ampleur, à la trajectoire si rapide, à la croissance exponentielle : elle bat tous les records, affirme-t-il. Voilà à peine trois mois qu’elle a été officiellement déclarée et on a déjà dépassé 4 000 cas, bientôt 2 000 décès. C’est d’ores et déjà la deuxième plus grande épidémie de virus Ebola de l’histoire depuis son apparition en 1976, et avec une rapidité inédite. »
Alors, pour l’instant, aucun vaccin sur le marché contre la variante Bundibugyo : mais, pointe John Jonhson, « il en existe deux en phase I des études cliniques, le vaccin Oxford et le vaccin Moderna. Leur disponibilité comme leur fabrication semblent rapides (des doses sont en train d’être acheminées), mais leur efficacité, faute d’études poussées, vu l’urgence, reste à prouver. »
Enfin, facteur aggravant, note encore ce spécialiste des épidémies à MSF : le désengagement américain, avec le démantèlement de l’USAID. Conséquence, précise-t-il : « Une baisse des acteurs sur place, des ONG internationales notamment, qui, faute de financement, ont dû interrompre leur présence sur le terrain. Cela a évidemment joué dans la capacité de détection et de réaction par rapport à l’épidémie d'Ebola. Le manque de communication entre le plus grand centre de contrôle des maladies au monde, le CDC, basé à Atlanta, et l’OMS n’a sûrement pas aidé dans la surveillance et l’identification de l’épidémie au début. L’administration Trump est allée jusqu’à interdire toute communication avec l’agence onusienne basée à Genève, dont elle a par ailleurs suspendu tous les financements. »
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