Fille d’une chorégraphe et d’un comédien, avide d’aventures artistiques, la chanteuse crée depuis les années 1990 ses propres récitals piano-voix. Jusqu’au 23 août, elle ravit le public parisien avec son spectacle “Anne Baquet chante au paradis”.
Fille d’une chorégraphe et d’un comédien, avide d’aventures artistiques, la chanteuse crée depuis les années 1990 ses propres récitals piano-voix. Jusqu’au 23 août, elle ravit le public parisien avec son spectacle “Anne Baquet chante au paradis”.
Par Thierry Voisin
Publié le 06 août 2026 à 10h30
Mis à jour le 06 août 2026 à 10h41
Sous ses airs sages, la soprano Anne Baquet dévoile une personnalité plus débridée qu’il n’y paraît. Sa fantaisie lui vient de son père, le comédien Maurice Baquet, issu du groupe Octobre (célèbre troupe de théatre d’agit-prop des années 1930, où sévit un Jacques Prévert contestataire et humoristique). Avec son corps gracile, qui rappelle celui de sa mère, la chorégraphe russe Maria Yakimova, elle danse aisément. Ces qualités précieuses lui offrent la liberté de faire, depuis longtemps, ce qui lui plaît sur scène, de jouer avec la pluridisciplinarité des arts et de ses envies.
Après avoir longtemps interprété Bach, Rossini, Gounod et Bernstein, la mutine blonde, qui déclare modestement qu’elle n’est pas « une artiste lyrique, juste une chanteuse », a eu recours depuis quelques années à des auteurs ou compositeurs de tous horizons, comme François Morel, Juliette ou Marie-Paule Belle.
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Enfant, Anne prend des cours de danse et de théâtre, en complément de ceux de musique au conservatoire de Noisy-le-Grand. Elle opte pour le piano, son frère aîné Dimitri ayant choisi l’emblématique violoncelle de son père, que ce dernier emporta avec lui jusque sur les cimes enneigées de l’aiguille du Midi. « À la maison, se rappelle-t-elle, chaque membre de la fratrie chantait et jouait d’un instrument de musique. On se rassemblait pour des concerts où chacun donnait la pleine mesure de son talent. » Dans cette ruche artistique, Anne Baquet côtoie les copains de son père (Robert Doisneau, Jacques et Pierre Prévert, Claude Confortès) et parle russe avec sa mère et sa grand-mère maternelle, qui maintiennent ainsi l’incandescence de l’âme slave.
À 18 ans, elle part à Saint-Pétersbourg pour entrer dans une académie de musique. « Ce fut cinq ans d’une belle expérience de vie avec des jeunes issus de tous les continents, couronnée par le diplôme de cheffe de chœur. » À son retour, la rencontre avec la chorégraphe Karine Saporta est décisive. Cette dernière cherche alors une chanteuse pratiquant le russe pour un spectacle dédié à sa mère, La Fiancée aux yeux de bois (1988). « J’ai beaucoup appris avec elle et découvert une nouvelle gestuelle, farouche et picturale. Cela a changé mon rapport au corps et à l’espace. »
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Curieuse de tout, avide d’expériences, Anne Baquet prend une autre route pour entrer dans les chœurs de l’Opéra de Paris (1992) et participer à deux aventures artistiques féminines majeures de l’époque, le cirque de Barbarie et surtout Castafiore Bazooka, un groupe acoustique mené par la trépidante comédienne Élisabeth Wiener. « Nous étions six “accordéonnes vocales, six crazy meufs”, qui jouions sur les marchés, dans les bars comme dans des salles plus prestigieuses. »
Vient alors pour Anne le temps de créer ses propres spectacles. Elle choisit la forme du récital piano-voix, où le pianiste est un véritable partenaire de jeu. En 1997, Gérard Rauber l’accueille au Théâtre du Renard pour son premier opus, J’aurais voulu dev’nir chanteuse. Il lui est encore fidèle aujourd’hui, en l’accompagnant à chaque étape de la création, jusqu’à cette nouvelle mise en scène dans la plus haute salle du Lucernaire. Son paradis ?
r Anne Baquet chante au paradis. Jusqu’au 23 août. Du mercredi au samedi 19h, dimanche 15h30. Lucernaire, 53, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris 6e. 01 45 44 57 34. 10-32 €.
ANNE BAQUET EN CINQ DATES
1997. J’aurais voulu dev’nir chanteuse, premier récital au Théâtre du Renard.
2009. Non, je ne veux pas chanter, au Festival d’Avignon, puis en tournée mondiale, de l’Ouzbékistan aux États-Unis.
2017. Soprano en liberté, au Lucernaire.
2018. ABC d’airs, concert insolite en vingt-six lettres, au Studio Bastille de l’Opéra de Paris.
2024. Come Bach, au Lucernaire.
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