Depuis six nuits, le conjoint de Jenny est mobilisé sur les incendies qui ravagent la Gironde. Pour ICI Gironde, elle raconte le quotidien des pompiers sur le front, l'aide déterminante des agriculteurs, le regard de leurs enfants et la solidarité qui s'organise autour des soldats du feu.
Publié le mercredi 29 juillet 2026 à 17h44
Depuis six nuits, le conjoint de Jenny est mobilisé sur les incendies qui ravagent la Gironde. Pour ICI Gironde, elle raconte le quotidien des pompiers sur le front, l'aide déterminante des agriculteurs, le regard de leurs enfants et la solidarité qui s'organise autour des soldats du feu.
Il devait être en congé. Comme de nombreux sapeurs-pompiers, David a finalement été rappelé en raison de l'ampleur exceptionnelle de l'incendie qui touche la Gironde depuis le 22 juillet. Depuis six nuits, il enchaîne les interventions. Toutes les douze heures, les équipes sont relevées. Le temps de rentrer quelques heures chez lui pour dormir, avant de repartir sur le front.
"Ils sont vraiment fatigués, ils sont épuisés. Ils n'ont jamais vu une telle intensité. Mon conjoint, David, il a souvent fait des feux, il a été à Landiras il y a quatre ans, mais là c'est d'une telle ampleur, il faut s'imaginer des paysages de désolation avec des flammes de 50 mètres." Au micro d'ICI Gironde, Jenny décrit un quotidien rythmé par l'attente et l'inquiétude. "Ils sont aguerris. On a toujours l'inquiétude qu'il y ait un accident ou que le feu les encercle."
"Il n'y a pas de pause"Lorsqu'il rentre de mission, son mari est méconnaissable. "Il est tout noirci. Il sent la fumée. Ils ont du mal à respirer. La chaleur est étouffante. Ils doivent déployer des tuyaux, les réenrouler à nouveau. C'est la répétition de ces gestes qui les épuise parce que c'est extrêmement lourd."
Même si les équipes sont relevées toutes les douze heures, Jenny insiste sur la difficulté du combat. "C'est constant. Il n'y a pas de pause. Ils n'ont pas d'accalmie. Il n'y a pas un moment où ils peuvent se dire 'Là, on va s'asseoir. On va respirer.' C'est permanent jusqu'à ce qu'ils soient relevés."
Les agriculteurs, un soutien décisif dès la première nuitPour Jenny, l'un des faits les plus marquants de cet incendie reste la mobilisation spontanée des agriculteurs. La première nuit, David et son équipe se sont retrouvés piégés avec leur camion. L'ampleur des incendies était telle que le ravitaillement ne pouvait plus être assuré. "Ce sont des agriculteurs qui sont venus avec leurs cuves à eau pour les approvisionner. Sans ces tracteurs, ils n'avaient personne", confie Jenny. "Le SDIS n'a pas pu venir leur apporter de l'eau. Il n'y avait personne. Ce sont vraiment les agriculteurs qui ont pris la main et qui les ont aidés toute la nuit."
Aujourd'hui encore, elle souligne le soutien permanent des agriculteurs, des personnels forestiers et des bénévoles qui apportent de l'eau, de la nourriture et du matériel aux pompiers. "C'est aussi ça qui donne de l'espoir aux pompiers. C'est de voir qu'ils ne sont pas seuls."
"Pour lui, son papa est un héros"À la maison, les incendies sont aussi vécus à travers les yeux de leurs deux enfants, âgés de 4 et 7 ans. Le plus jeune sait qu'"il y a un énorme feu" et que son père est mobilisé. Son grand frère comprend davantage la situation. "Pour lui, son papa est un héros. Il sait qu'ils sont très nombreux sur le feu, il n'est pas inquiet."
Le plus difficile, explique Jenny, c'est l'attente. "Ils ne savent pas quand il va revenir. Papa est au feu pour un moment, ça ils l'ont bien compris."
Soutenir ceux qui combattent le feuSi la peur est bien présente, Jenny explique que les familles des pompiers s'efforcent de rester fortes. "Quand ils rentrent, ils n'ont pas envie d'avoir une famille bouleversée et trop inquiète. Il faut aussi leur apporter du réconfort et du soutien et leur montrer qu'on est là pour eux."
Une solidarité qui s'exprime aussi entre les familles de pompiers. Des collectes de nourriture, de boissons et de sérum physiologique ont été organisées dans plusieurs casernes. Certaines familles accueillent également des collègues ayant perdu leur maison dans les incendies.
Avec son conjoint, Jenny a choisi d'ouvrir les portes du studio qu'ils louent habituellement. "Chacun fait ce qu'il peut. Quand on voit à quel point ils sont mobilisés là-bas, on ne peut pas rester sans rien faire. On ne peut pas rester les bras croisés."
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