Le mois de juillet s'achève sur un bilan en demi-teinte pour les commerçants du centre-ville de Cahors (Lot). Entre les coups de chaud qui vident les rues l'après-midi et une conjoncture incertaine qui incite la...
l'essentiel Le mois de juillet s'achève sur un bilan en demi-teinte pour les commerçants du centre-ville de Cahors (Lot). Entre les coups de chaud qui vident les rues l'après-midi et une conjoncture incertaine qui incite la clientèle à réduire ses dépenses, l'activité tourne au ralenti. Reportage auprès de ceux qui font tourner l'économie locale.
Plus le thermomètre grimpe, plus l'activité fléchit. En ce mois de juillet à Cahors, le centre-ville vit au rythme de la météo et du climat économique ambiant. Loin des grands élans estivaux, le sentiment qui prédomine chez les commerçants est celui d'une attente prudente avec un chiffre d'affaires en berne et une faible fréquentation.
Pour Hervé Fabre, coprésident d’O Cahors (l’Office de Commerce et de l’Artisanat) et patron de la boutique de jeux l'Apprenti sage, le manque de visibilité grippe la machine. "Dans six mois, on n'en sait rien. Nous, en tant qu'entreprise, on a besoin d'investir sur l'avenir, mais là, tout se freine. Et pour les clients, c'est pareil : tout se fait au dernier moment", observe-t-il. Face à cette tension diffuse, le représentant des commerçants prône pourtant l'apaisement. "J'ai pas envie de dire que tout va bien, mais foutons-nous la paix. C'est l'été, on est en short, on se relaxe. Si on râle en permanence, ça va encore moins attirer de monde".
Des commerçants lotis misent sur la rentrée pour remonter la pente.
DDM - Habib Daabour
Un peu plus loin sur le boulevard, le constat reste lucide. Yoann Laly a repris La Mie Câline il y a deux ans. Après des mois de mars et avril record, le soufflé est retombé. Juin et juillet affichent une baisse de fréquentation, portée par les vagues de chaleur et un manque d'attractivité qu'il pointe sans détour.
"À 18 heures, beaucoup de rideaux sont baissés""La canicule fait mal. L'après-midi, il n'y a personne. Mais il y a aussi un vrai sujet sur l'offre", estime le commerçant. S'il ne rejoint pas ses confrères sur la critique du stationnement payant, il regrette un manque de dynamisme global. "Le dimanche ou entre midi et deux, nous sommes parmi les rares ouverts. Beaucoup de touristes me demandent ce qu'il y a à faire... À 18 heures ou le week-end, beaucoup de rideaux baissent. L'offre ne répond pas toujours à la demande".
Pour beaucoup, ce mois de juillet s'impose comme "le pire mois" depuis des années. En cause : un pouvoir d'achat en berne et des touristes arrivés très tardivement. "La semaine dernière et tout le mois de juillet, ça a été très compliqué. Mais là, on sent quand même qu'ils sont arrivés", souffle une commerçante du centre-ville, aux Halles. Si l'activité reprend un peu de souffle, l'inquiétude se déplace déjà sur la rentrée. Dès septembre, le chantier de la place Chapou avec le déplacement du marché et la perte de stationnement fait craindre le pire : "On pense perdre au moins 10 % de chiffre d'affaires à cause des travaux".
"Les commerçants de son secteur ont pris l'initiative d'habiller les rues"Pour inciter les flâneurs à repasser les portes des boutiques, les commerçants de son secteur ont pris l'initiative d'habiller les rues de fleurs et de papillons colorés. Autre petit coup de pouce apprécié : le passage à une heure de gratuité pour le stationnement en centre-ville, décidé par la municipalité. "Une demi-heure, c'est la course. Une heure, ça laisse le temps de faire deux achats", souligne Hervé Fabre, qui a étendu ses horaires d'ouverture dès 9 h 30 pour s'adapter aux habitudes estivales.
Yoann Laly mise lui sur les extrémités de la journée : la fraîcheur du matin et le créneau 18 h - 19 h 30, quand les Cadurciens rentrent du travail. Sans trop attendre du mois d'août, il projette déjà ses espoirs sur l'arrière-saison. "En septembre et octobre, les marcheurs et les retraités arrivent. C'est une clientèle qui a un peu plus de pouvoir d'achat. C'est là qu'on espère se rattraper". En attendant, le commerce cadurcien s'adapte, bricole avec le soleil et continue de résister.