L'association Masaq à Figeac, un refuge pour les animaux abandonnés dirigé par sa présidente Virginia Ferreira, a fait la découverte de près de soixante chiens dans un état critique après le décès de leur...
l'essentiel L'association Masaq à Figeac, un refuge pour les animaux abandonnés dirigé par sa présidente Virginia Ferreira, a fait la découverte de près de soixante chiens dans un état critique après le décès de leur propriétaire. Malgré les efforts des vétérinaires de la clinique Champollion, dont fait partie le docteur Jagan Petapermal, la plupart ont dû être euthanasiés sur place. Ils nous racontent cette scène de cauchemar.
Une vision d'horreur. Alors qu'elle avait été appelée pour une intervention de prise en charge pour 80 chiens suite au décès de leur propriétaire, à Foissac dans l'Aveyron, Virginia Ferreira, présidente de l'association Masaq (Mouvement associatif pour la sauvegarde des animaux du Quercy) à Figeac, s'est retrouvée face à des animaux en grande souffrance.
Près de soixante chiens ont été retrouvés en très mauvais état par le refuge de Figeac, sur une propriété à Foissac, dans l'Aveyron.
Photo autorisée pour La Dépêche du Midi - Virginia Ferreira
Avant même de se rendre sur place, un mauvais pressentiment l'habitait. Après un premier contact avec la famille du défunt, elle sollicite immédiatement l'aide de la fondation 30 Millions d'Amis, l'opération se déroulant hors du territoire habituellement couvert par son association. Les échanges avec la famille deviennent par la suite compliqués. "Il y avait quelque chose qui n'allait pas. Je me suis dit qu'il fallait que j'y aille un peu avant parce que je ne le sentais pas", confie-t-elle.
Des chiots dans de la chaux en grande souffranceEn arrivant sur place, les 21 et 22 juillet, le scénario bascule. "Tout va crescendo. Au début, on voit un chien qui ne va pas bien, puis deux. On fait le tour de la propriété et c'est là qu'on a commencé à trouver un trou avec de la chaux. On distinguait des cadavres de chiens et des chiots vivants dans des sacs", raconte la présidente de l'association, encore bouleversée par cette opération qui a duré deux jours et une nuit entière.
Au total, près de soixante chiens sont retrouvés dans un état critique. Le docteur Petapermal, à la clinique vétérinaire Champollion de Figeac venu en renfort sur la propriété, garde en mémoire une image particulièrement difficile. "On a retrouvé des chiens à moitié morts. Le plus dur, c'était les chiots en train de gigoter, de faire leur petit bruit de bébé. On se rend compte que ce n'est pas parce qu'ils ont faim, c'est parce qu'ils souffrent", se souvient-il douloureusement.
Près de 30 chiens ont été pris en charge par la Clinique vétérinaire Champollion à Figeac.
Photo autorisée pour La Dépêche du Midi - Virginia Ferreira
Au final, la majorité des animaux n'a malheureusement pas pu être sauvée. Beaucoup ont dû être euthanasiés sur place afin d'abréger des souffrances jugées irréversibles par la clinique vétérinaire qui a pris en charge une trentaine de chiens survivants dès le premier jour. Très vite, les praticiens suspectent un empoisonnement. "On avait des suspicions réelles. Sans parler des lésions retrouvées sur les chiens qui indiquent, selon moi, des violences provoquées par un tiers et non pas par un autre animal", témoigne le docteur Jagan Petapermal, qui reste encore "sous le choc" de la découverte. Les animaux présentent des œdèmes pulmonaires, des convulsions et sont "couverts de chaux de la tête aux pieds".
La présidente de Masaq porte plainte, une enquête est en coursPerfusions, antibiotiques, anti-inflammatoires... Les équipes tentent tout pour sauver les animaux mais, même après les premières 48 heures, de nouveaux symptômes apparaissent : troubles neurologiques, œdèmes et graves complications digestives. "Il nous reste six adultes et neuf chiots. Et même encore ce mardi 28 juillet, on en a perdu un. Leur état est encore trop instable pour dire s'ils sont sauvés", explique Virginia Ferreira, qui surveille les survivants au refuge de Figeac. "Aujourd'hui, on est simplement heureux de les retrouver vivants le lendemain matin", souffle le vétérinaire.
À ce stade, les prélèvements sont toujours en cours d'analyse. "La seule chose que l'on peut confirmer aujourd'hui, c'est qu'il y a eu des dégâts physiques, de la maltraitance et au moins une tentative d'empoisonnement à la chaux", affirme le docteur Petapermal. Une enquête a été ouverte par la gendarmerie de Foissac après un dépôt de plainte de la présidente de Masaq qui estime : "Au vu du nombre et de l'état des animaux, c'est quand même un acte volontaire."