Trois associations ont déposé une requête fin décembre 2023 devant le tribunal administratif de Paris pour que cessent les accidents mortels entre les bateaux de pêche et les dauphins. Trois ans après, le tribunal limite à 809 le nombre de dauphins possiblement tués sans réparation du préjudice.
Publié le jeudi 2 juillet 2026 à 5:00
Trois associations ont déposé une requête fin décembre 2023 devant le tribunal administratif de Paris pour que cessent les accidents mortels entre les bateaux de pêche et les dauphins. Trois ans après, le tribunal limite à 809 le nombre de dauphins possiblement tués sans réparation du préjudice.
Dans un long jugement rendu le 25 juin 2026, le tribunal administratif de Paris, saisi par des ONG de défense de l'environnement, a demandé à l'État de mettre en place un "plan national d'actions" d'ici un an pour mieux protéger les cétacés dans le golfe de Gascogne. Objectif : limiter à 809 le nombre de dauphins tués accidentellement par des engins de pêche et ce, dès l'hiver 2026-2027. Il relève aussi que 22.000 animaux ont disparu de 2018 à 2025.
Entre-temps, des mesures ont été prises puisque dès 2024, l'État avait interdit la pêche aux bateaux de plus de 8 mètres équipés d'engins comme des filets, des chaluts, etc. pendant un mois. Se basant sur les relevés de l'observatoire Pelagis, le tribunal reconnaît que l'échouage a concerné 1.120 dauphins communs en 2024 alors qu'ils étaient encore 7.630 en 2023. Les mesures mises en place ont donc eu des conséquences positives sur la mortalité des dauphins.
C'est insuffisant, selon l'une des associations requérantes, Défense des milieux aquatiques. "Pour limiter la mortalité à 809, il faudrait interdire la pêche pendant 4 mois et non pas un mois", explique Philippe Garcia, président de Défense des milieux aquatiques. Or le tribunal n'indique pas de durée de fermeture, il précise juste le nombre de dauphins accidentés à ne pas dépasser.
La ministre de la pêche Catherine Chabaud a déjà pris les devants. Le 18 juin dernier, avant même le jugement du Tribunal de Paris, elle annonçait aux Assises de la mer à Cherbourg une interdiction de pêche aux chalutiers de plus de 8 mètres, de quatre semaines en 2026-2027 à lisser durant une période de six semaines.
Le jugement ne satisfait pas non plus les associations car il n'évoque aucunement la réparation du préjudice écologique causé par les engins de pêche. Dans leur requête, les associations demandaient à l'État de verser "une somme de 9 millions d'euros aux gestionnaires des zones Natura 2000 du Golfe de Gascogne désignés pour la protection du grand dauphin et du marsouin commun au titre du préjudice écologique résultant des fautes commises dans la réduction et la prévention des mortalités des cétacés".
Le tribunal n'accède pas à cette demande, il demande juste à l'État de verser les sommes de 10.000, 10.000 et 20.000 euros, respectivement à France Nature environnement, Défense des milieux aquatiques et Sea Sheperd.
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